C’est quand, la fin du délire?

Un enfant de 7 ans tente de mettre le feu à son école à Villeneuve d’Asq. Le début d’incendie, vite circonscrit, noircit le mur des toilettes. Malgré le déclenchement d’une enquête de police, le parquet classe sans suite. Un juge des enfants est néanmoins saisi, avec à la clef, un probable suivi socio judiciaire et psychologique. Ce gamin méritait de se faire sérieusement remonter les bretelles. Mais, est-ce la place de la justice de s’en mêler ? La psychose ambiante est contagieuse. La dernière enquête commandée par l’Unicef à l’Observatoire international de la violence à l’école portait sur 12.326 élèves âgés de 8 à 12 ans : 89% affirment se sentir bien à l’école et avoir de bonnes relations avec leur maître ; 95% sont satisfaits de leur instituteur qui enseigne bien ; 83,5% ont de bons copains ; 93% rapportent qu’ils ont des « récrés agréables » ;  75% reconnaissent que les punitions qu’ils reçoivent sont justes… Mais un seul chiffre a été retenu : 10% des enfants seraient harcelés par leurs camarades. Et de titrer sur l’inquiétante montée de la violence à l’école. Notre sensibilité collective s’est décuplée, la violence hier banalisée étant aujourd’hui dramatisée. Quand allons-nous arrêter de nous faire peur ? Dernière nouvelle : l’enquête sur les sévices au sein de l’école de Laval, qui avait valu des titres accrocheurs sur « la loi de la jungle », lors des récréations, vient de conclure à des « comportements d'enfants » … sans infraction.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1016 ■ 28/04/2011