Grandir avec les écrans

BETOU-HERVE Elisabeth, Éd. érès, 2020, 347 p.

Les progrès technologiques ont été fulgurants depuis vingt ans. L’accessibilité et la facilité d’utilisation, l’ultra portabilité et la miniaturisation des écrans les rendent incontournables, utilisables de plus en plus jeunes et se démultipliant dans l’équipement des logements. Certes, il faut distinguer entre mésusage, consommation excessive et addiction. Mais, les préconisations d’âge et d’accompagnement pour protéger les enfants de leurs effets pervers s’avèrent insuffisants. La fascination

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Le complexe de bip

LIEBIG Étienne, Éd. Michalon, 2022, 202 p.

Depuis une vingtaine d’années, un interlocuteur inattendu s’est invité au cœur de la relation entre l’enfant et ses parents : le smartphone. S’il restait un partenaire parmi tant d’autres d’une éducation diversifiée et d’un apprentissage multimodal, on ne pourrait que se féliciter de l’extraordinaire ouverture sur le monde qu’il procure. Mais, le mode d’expérience envahissant et dominant qu’il tend à imposer et à généraliser s’assimile bien plus à une dictature sensorielle totalitaire. Les dégâts

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Aux origines, l’archéologie

DEMOULE Jean-Paul, Éd. La Découverte, 2020, 332 p.

L’instrumentalisation du passé à toujours été une arme au service des préoccupations idéologiques, politiques et sociales. La fable des quarante rois et quinze siècles qui « ont fait la France », le mythe du baptême fondateur de Clovis servant à légitimer la royauté, une Jeanne d’Arc victime en fait non de l’envahisseur mais de la dispute entre deux fractions de la noblesse (les Bourguignons et les Armagnacs) … Le marché de l’histoire réactionnaire se porte bien, revendiquant un roman

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Histoire mondiale du bonheur

DURPAIRE François (Sous la direction), Éd. Cherche Midi, 2020, 443 p.

Si le développement personnel en a fait son sujet central, sa quête est aussi ancienne que notre espèce. Pour autant, ses représentations sont multiples. Il est dans la satisfaction immédiate pour les hédonistes grecs, mais différée pour les eudémonistes. Pour les stoïciens, c’est la vertu qui y conduit alors que pour les épicuriens, elle en est le produit.   Niché dans le jardin secret de chacun pour les Japonais, dans la réalisation personnelle pour les bouddhistes ou

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Humanité. Une histoire optimiste

BREGMAN Rutger, Éd. du Seuil, 2020, 426 p.

Et si la vision négative d’une humanité fondamentalement mauvaise, naturellement animée par des réflexes égoïstes, agressifs et violents n’était qu’en partie vraie ? Certes, l’espèce humaine a démontré à travers l’histoire, sa facilité à commettre les pires atrocités. Mais, en y regardant de plus près, il semble qu’elle soit aussi programmée pour se montrer sociable et solidaire, condition sine qua non pendant longtemps de sa survie. Les nombreux exemples décrits par l’auteur le démontrent avec

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De quoi se moque-t-on? Satire et liberté d’expression

 PASSARD Cédric et RAMOND Denis (sous la direction), 2021, Éd. CNRS, 393 p.

Si les vingt-deux contributeurs de ce recueil d’études universitaires décrivent l’ancienneté de la satire, depuis l’antiquité jusqu’à Charlie, en passant par Coluche ou le Canard, ils démontrent tout autant la persévérance de la suspicion qui l’entoure. Logique : rien ne serait pire pour elle de ne déclencher aucune émotion chez son lecteur-complice ou chez son ennemi. Mais pour être tributaires des normes du risible de chaque époque, l’humour, l’exagération et la

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Rire. Une anthropologie du rieur

LE BRETON David, éd. Métailé, 2018, 254 p. 

Le rire ne peut être réduit à ce qui est risible. Car, si tout est susceptible de le devenir, ce qui rend l’un hilare, laissera l’autre de marbre. Il n’existe donc pas sans la signification qui lui donne naissance. Il est le résultat d’une situation qui prend sens aux yeux d’un individu particulier, par son décalage avec la norme ou le réel. Ses sources sont infinies. S’il s’enracine d’abord dans la joie et la bonne humeur, il peut tout autant être l’expression de la détresse, de la honte que de la

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Histoire d’un mensonge. Enquête sur l’expérience de Stanford

LETEXIER Thibaud, Éd. Zones, 2018, 295 p.

En août 1971, le psychologue Philip G. Zimbardo mène l’expérience dite de Stanford avec une vingtaine d'étudiants qui se voient attribuer de manière aléatoire des rôles de gardien ou de détenu dans une fausse prison. En quelques jours, ceux qui ont revêtu un uniforme se transforment en sadiques. Depuis cinquante ans, les manuels universitaires de psychologie, de criminologie et de pénologie, qui en ont reproduit les résultats, évoquent combien les frontières sont poreuses chez l’être humain entre le

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Réinventer l’association

LAVILLE Jean-Louis, 2019, Ed. Desclée de Brouwer, 235 p.

L’associationnisme est né des secours mutuels, des entraides paysannes pour les semences et les récoltes, de l’économie informelle, de l’échange monétaire des biens et des services, les travaux collectifs pour le bien commun.

Il sera rejeté par le marxisme qui revendiqua l’affrontement avec le capital jusqu’à la prise du pouvoir. Il est ainsi réduit à un romantisme angélique entaché de socialisme utopique.

L’État keynésien et l’État social démontrèrent, un temps, leur capacité à

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Les décisions absurdes l’enfer des règles III : les pièges relationnels

MOREL Christian, Éd. Gallimard, 2018, 257 p.

La multiplication des règles est source d’absurdité. On s’en doutait. Christian Morel nous en fait une démonstration éclatante. Avec les 200.000 normes applicables aux collectivités publiques et les 20.000 pages de procédures techniques du Porte-avion De Gaulle, on n’est plus dans l’aberration, mais dans la démence. Les protocoles ainsi institués acquièrent avec le temps une inertie qui les fige, leur rigidité les rendant contre-productifs. Parce qu’ils semblent coulés dans le marbre, leur

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