Le Silence de Juju. Itinéraire d’une nigériane de la prostitution à l’émancipation

PENNA Armandine et MOREL Diane, Éd. du Faubourg, 144 p.

Comment peut-on faire un si bel objet avec une histoire aussi sordide ?

En ayant d’abord recours à un dessin d’une belle esthétique évoquant avec minutie et justesse les émotions, les représentations et les situations. Puis, en structurant le scénario et les dialogues avec réalisme et précision.

L’histoire de Faith nous plonge dans l’univers effrayant de la traite des êtres humains. Elle décrit dans le détail, la genèse de l’exploitation de ces femmes attirées en Europe sous de

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C’est pour ton bien - Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant

Il y a 30 ans, cette rubrique remonte le temps en remettant sur le devant des critiques parue il y a trois décennies…

 

« C’est pour ton bien- Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant » 

MILLER’, Éd. Aubier, 1993

Le hasard m'a fait lire dans le n°242 de Lien Social le compte-rendu de lecture de « l'Enfant derrière la porte », alors que dans le même temps, je terminais I’ouvrage d’Alice Miller « C'est pour ton bien- Racines de la violence dans l'éducation de l'enfant »

Sans être la réponse au témoignage de David Bisson, ce

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Les Fossoyeurs

CASTANET Victor, Éd. Poche, 2023, 206 p.

Ce livre, publié début 2022, a provoqué un véritable séisme. Pourtant, les alertes antérieures n’avaient pas manqué. Enigme insondable que cette sensibilisation d’une opinion publique dont le degré de réactivité est toujours aléatoire. Il est vrai que les dénonciations que déploie Victor Castanet sont des plus surréalistes : rien moins qu’une véritable mafia mettant en coupe réglée un public vulnérable réduit à sa plus simple expression, celle d’un or gris qui enrichit une poignée de malfaiteurs

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De l’enfant protégé à l’enfant corrigé

MAUREL Olivier, Éd. L’Harmattan, 2022, 291 p.

La revue de littérature est impressionnante. Olivier Maurel est allé rechercher dans tous les écrits, témoignages, récits, commentaires existants mais aussi dans les descriptions ethnologiques. Le résultat est sans appel : l’histoire de l’humanité se divise en deux. D’un côté, des cueilleurs-chasseurs pour qui il est inconcevable de battre un enfant, de l’autre les sociétés sédentarisées de cultivateurs et d’éleveurs qui en font fait le principe premier de l’éducation. Et ce qui est étonnant

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La golf blanche

SITZENSTUHL Charles, Éd. Gallimard, 2019, 209 p.

Les insultes, humiliations et menaces n’étaient suffisantes. Son père y rajouta une implacable violence contre sa mère et l’enfant qu’il était. Le récit de Charles Sitzenstuhl est glaçant, mais combien nécessaire. A chacune des pages de description banale du quotidien familial, on s’attend à ce que surgisse un épisode de fureur. Une vexation ? Un pot de fleurs de travers ? Un objet mal rangé ? Tout était prétexte à un emportement se terminant en coups. L’enfant sait se mettre en boule pour se

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Rêver sous les coups

BOUHAFSI Mohamed et MAILLET Géraldine, Éd. Larousse, 2021, 174 p.

De sa prime enfance, Mohamed Bouhafsi garde de terrifiants souvenirs : des allers-retours fréquents aux urgences pour recoudre une arcade ; des cris, des gifles et des dents cassés par un père alcoolisé qui cogne sa famille ; une mère battue qui donne tout son amour à ses enfants. Les soirées se suivent et se ressemblent : des bastons silencieuses, pour ne pas faire trop de vagues. Femme ou enfants, tout le monde y passe ! Des coups de poing qui éclatent une lèvre. Des

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L’enfant réparé

DELACOURT Grégoire, Éd. Grasset, 2021, 232 p.

A peine avait-il achevé le manuscrit de « Mon père », roman mettant en scène un homme s’en prenant au prêtre ayant violé son enfant, que Grégoire Delacourt fut atteint d'un profond malaise dont il ne put se libérer qu’en se plongeant dans le souvenir de sa propre enfance. L’amnésie traumatique venait de se dissoudre, faisant resurgir son terrifiant passé. Son nouveau livre télescope son parcours d’adulte et la plongée dans la violence sexuelle vécue, évoquant les ravages que produit, si longtemps

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Il faudrait que tu croies enfin à ma tendresse

SNYDERS Jean-Claude, Éd. Fabert, 2021, 220 p.

Comment la souffrance passée peut-elle déconnecter un adulte de l’inconditionnelle tendresse qu’il doit dispenser à ses enfants ? Jean-Claude Snyder prolonge ici sa longue quête intime autant que littéraire d’un père qui, pourtant si attentif à tous, drôle et chaleureux, pouvait dans l’instant d’après se montrer furieux et effrayant. Durement éprouvé par l’horreur des camps de concentration nazis, il avait cru protéger ses proches en enfermant son lourd passé dans un total silence. Mais, ne

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Ce point qu’il faut atteindre

DISDERO Mireille, Éd. Le Muscadier, 2020, 188 p.

L’amitié qui reliait Violette et Arnaud n’a pas tardé à se muer en passion réciproque. A peine éloigné(e), chacun(e) se précipitait sur internet pour prolonger le plaisir d’être ensemble. Voilà un roman qui commence fort décrivant avec tendresse cet amour naissant. Le lecteur pourrait-il craindre de s’être trompé de maison d’édition et de lire un ersatz de la collection d’Harlequin ? Que nenni. Car, de retour d’une fête à Paris, Violette change de comportement du tout au tout. Arnaud ne va

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Se défendre. Une philosophie de la violence

DORLIN Elsa, Ed. Zones, 2018, 252 p.

Il y a toujours eu une ligne de démarcation entre d’un côté les sujets dignes de se défendre et d’être défendus et de l’autre les corps acculés à des tactiques défensives, sans que la légitimité à le faire ne leur soit jamais reconnue. Elsa Dorlin fait un récit terrifiant de la violence imposée tant par l’ordre colonial que racial. Tout acte commis par un esclave, un indigène ou un subalterne fut longtemps considéré comme potentiellement délictueux. Son auteur étant présumé coupable, il était livré à

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