Un pas en avant, deux pas en arrière

Ce qui a été fait peut toujours être défait. Est-ce vraiment dans l’intérêt de l’enfant ?
Plusieurs rapports ont tenté, avant l’été, de dresser le bilan de la réforme des temps scolaires. Si, scientifiquement, la nouvelle organisation respecte mieux les rythmes de l’enfant, un sentiment semble partagé : une plus grande fatigue chez les élèves, sans qu’aucun outil méthodologique ne permette de l’objectiver. Quant aux activités proposées, elles sont souvent gratuites, mais pas toujours, de qualité ici, plus occupationnelles, là … donnant le sentiment d’une école à deux vitesses. La fréquentation est, elle aussi, à géométrie variable, trois-quarts des élèves seulement fréquentant ces temps. Comment les autres occupent-ils ces nouveaux loisirs ?
 
Alternance
Que fera le nouveau président élu en 2017 ? On peut craindre que sa volonté d’afficher son intention de changement l’amène à remettre en cause cette réforme. Toute opposition arrivant au pouvoir a la mauvaise habitude de faire exactement le contraire de l’équipe qui l’a précédée. La réforme des rythmes scolaires, emblématique de l’image que voulait se donner le gouvernement de 2012 pourrait bien en faire les frais. Pourtant, cela ne semble pas être la revendication des maires qui ayant déjà eu tant de mal à l’appliquer ne réclament pas son abrogation. Ils souhaitent surtout recevoir plus d’aides d’un État qui leur a imposé des charges nouvelles, sans que celles-ci soient vraiment compensées.
 
 

Jacques Trémintin – Journal de L’Animation ■ n°174 ■ décembre 2016