Les malheurs du RSA

Le RSA est entré en application, voilà tout juste un an. Curieusement, tous les salariés pouvant prétendre à son versement, en complément d’une activité salarié faiblement rémunérée, ne l’ont pas fait : environ 1 bénéficiaire potentiel sur 4. Pour comprendre ce décalage, le département des Pyrénées atlantiques a fait procéder à un sondage téléphonique auprès des populations concernées. Parmi les explications obtenues, sont évoqués pêle-mêle : un manque d’information, l’obligation de remplir un fastidieux formulaire de six pages, tous les trimestres pour un complément d’en moyenne seulement 50 € ou encore l’intrusion de la CAF dans la gestion du patrimoine, les livrets A et plans d’épargne logement des conjoints et des enfants devant être vérifiés. Pour 25 % de personnes consultées, il y a un refus net et par principe, de faire une demande. Rapporté à l’échelle nationale, ce chiffre représente un demi million. La raison principale mise en avant renvoie à la crainte d’être assimilé au statut d’assisté. Les campagnes de dénigrement de rmistes « fraudeurs » considérés peu ou prou comme des fainéants ou des profiteurs ont laissé des traces. Mélanger les revenus du travail avec ceux de la solidarité semble constituer, pour un certain nombre de salariés, une atteinte à leur dignité et à leur identité sociale. Il y aurait donc un coût psychique insupportable à se reconnaître et à demander à être identifié, comme travailleur pauvre ayant besoin des aides sociales.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°975 ■ 03/06/2010

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Rupture et actions solidaires au Sénégal
Destiné d’abord aux jeunes mettant successivement tout en échec dans ses propres structures, le dispositif que l’association Montjoie a monté au Sénégal bénéficie maintenant à des adolescents provenant de nombreux départements du centre et du grand-ouest.  Tout a commencé par un éducateur salarié qui, fort de ses expériences passées auprès de jeunes de quartier, propose d’emmener un groupe en ...
Start’air - jeunes
Start’air - jeunes : une opération - prévention - été a l’oeuvre ! L’histoire  de  START’AIR est une histoire assez exemplaire qui montre comment municipalités, associations et professionnels du social peuvent se combiner dans une synergie aboutissant à un dispositif à la fois souple et efficace. Plantons d’abord le décor: cela commence en 1990 près de St Nazaire à l’embouchure de la Loire. Quatre...
Faire face aux résistances
dans Articles
La vaccination a enfin adopté son rythme de croisière. Il était temps ! Le retard pris depuis le début de l’année ne saurait, comme il se doit, être imputé à nos dirigeants qui le proclament avec force et arrogance : ils ont toujours agi comme il le fallait. Ils ont toujours fait les bons choix. Ils ont toujours pris les bonnes décisions. Qu’on se le dise ! A force de se le répéter, ils vont ...
Bataclowns - Fou du roi ou roi des fous?
Une drôle de troupe sillonne la France des congrès, provoquant autant l’hilarité que la réflexion : ce sont les Bataclowns. Les 2 et 3 avril 1992, Lien social organisait à Toulouse les États généraux des éducateurs. Claude Evin, ministre de la solidarité jusqu’au 15 mai précédent, monte à la tribune. Il se fait copieusement chahuter. Ne se démontant pas, l’ancien éducateur spécialisée longtemps ...
Rosenczveig Jean Pierre - Réforme de l'ordonnance de 1945
dans Interviews
 « Faire une économie de réforme : appliquer la loi ! » Jean-Pierre Rosenczveig, observateur vigilant de l’évolution de la justice des mineurs nous livre son regard sur les projets en cours. La délinquance juvénile a-t-elle mué à ce point pour qu’il soit urgent de modifier la loi ?Non. De 1980 à 2011, la délinquance juvénile a cru quantitativement, mais dans une moindre proportion que la...
De Saint-Pol Thibaut - Tyrannie de l'apparence
dans Interviews
Combattre la discrimination de l’apparence Thibaut de Saint-Pol est sociologue et directeur de l’INJEP Parmi toutes les préoccupations liées au corps, il y a l’obésité. Contrairement aux idées reçues, les injonctions à la minceur n’ont rien d’universelles, les valeurs changeant selon l’espace-temps où elles s’expriment. Thibaut de Saint Paul nous livre ce qui est au cœur de ses recherches :...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


SE PROCURER LE LIVRE


« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org