Les malheurs du RSA

Le RSA est entré en application, voilà tout juste un an. Curieusement, tous les salariés pouvant prétendre à son versement, en complément d’une activité salarié faiblement rémunérée, ne l’ont pas fait : environ 1 bénéficiaire potentiel sur 4. Pour comprendre ce décalage, le département des Pyrénées atlantiques a fait procéder à un sondage téléphonique auprès des populations concernées. Parmi les explications obtenues, sont évoqués pêle-mêle : un manque d’information, l’obligation de remplir un fastidieux formulaire de six pages, tous les trimestres pour un complément d’en moyenne seulement 50 € ou encore l’intrusion de la CAF dans la gestion du patrimoine, les livrets A et plans d’épargne logement des conjoints et des enfants devant être vérifiés. Pour 25 % de personnes consultées, il y a un refus net et par principe, de faire une demande. Rapporté à l’échelle nationale, ce chiffre représente un demi million. La raison principale mise en avant renvoie à la crainte d’être assimilé au statut d’assisté. Les campagnes de dénigrement de rmistes « fraudeurs » considérés peu ou prou comme des fainéants ou des profiteurs ont laissé des traces. Mélanger les revenus du travail avec ceux de la solidarité semble constituer, pour un certain nombre de salariés, une atteinte à leur dignité et à leur identité sociale. Il y aurait donc un coût psychique insupportable à se reconnaître et à demander à être identifié, comme travailleur pauvre ayant besoin des aides sociales.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°975 ■ 03/06/2010

 

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D’un pays a l’autre... Le système juridique québécois puise ses sources dans les traditions à la fois anglo-saxonne et française.La première inspiration, d’origine  britannique se manifeste surtout par le régime dit accusatoire. C’est à la police et au ministère public d’apporter la preuve de l’infraction et de la culpabilité. Si celle ci n’est pas faite, le juge a alors pour seule alternative que...
La communication des IMC
Comment dire quand on a à dire et qu'on ne peut pas dire ? Certains IMC ont une motricité complètement atteinte, au point qu'ils ne peuvent utiliser le langage. Des êtres dont le corps est ainsi totalement paralysé et qu'une intelligence vive et sensible habite pourtant, peuvent-ils entrer en relation avec les autres, échanger des messages ? Histoire d'un dialogue apparemment impossible. Communiquer, ...
Le pot de terre contre le pot de fer (3)
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Pourquoi le Conseil départemental de l’Orne a-t-il fermé le Petit Bois ? La lecture du livre de Xavier Vannier avait incité la rédaction de Lien Social à consacrer un dossier à la place de l’affectif dans le travail social. Le reportage sur son lieu de vie le « Petit Bois » fut réalisé au mois de novembre. Le 12 décembre, Xavier Vannier informait Lien Social de la lettre recommandée qu’il venait de ...
Jarrige François - Discuter le progrès
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« L’évolution technologique peut et doit pouvoir être discutée » Rencontre avec François Jarrige - Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne La croyance dans le progrès s’est toujours accompagnée d’une réflexion sur ses effets pervers. C’est ce que nous démontre l’histoire des trois derniers siècles, explique François Jarrige. Mais, se préserver de toute naïveté et...
Emission Reportages IR - St Nazaire (44)
La cuvée 2004 sera-t-elle bonne ? Et si télévision et travail social pouvait s’accorder : c’est ce qu’espère un petit établissement qui a reçu pendant quinze jours un équipe de télévision. Faut-il accepter des caméras dans nos établissements ? Cette question a fait l’objet d’un débat au sein de l’Association des Instituts de Rééducation. D’un côté, les opposants qui affirment que les journalistes ont ...
Réadaptation Sociale ARS - Marseille (13)
A la rencontre d’une association innovante : L’Association pour la Réadaptation Sociale de Marseille Marseille est une ville bien particulière : deuxième métropole par sa population, mais l’une des premières pour sa superficie (loin devant Paris), à la croisée de l’Europe du nord et du bassin méditerranéen,  elle pourrait  connaître les mêmes phénomènes de ghettoïsation que la banlieue parisienne....


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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