Les malheurs du RSA

Le RSA est entré en application, voilà tout juste un an. Curieusement, tous les salariés pouvant prétendre à son versement, en complément d’une activité salarié faiblement rémunérée, ne l’ont pas fait : environ 1 bénéficiaire potentiel sur 4. Pour comprendre ce décalage, le département des Pyrénées atlantiques a fait procéder à un sondage téléphonique auprès des populations concernées. Parmi les explications obtenues, sont évoqués pêle-mêle : un manque d’information, l’obligation de remplir un fastidieux formulaire de six pages, tous les trimestres pour un complément d’en moyenne seulement 50 € ou encore l’intrusion de la CAF dans la gestion du patrimoine, les livrets A et plans d’épargne logement des conjoints et des enfants devant être vérifiés. Pour 25 % de personnes consultées, il y a un refus net et par principe, de faire une demande. Rapporté à l’échelle nationale, ce chiffre représente un demi million. La raison principale mise en avant renvoie à la crainte d’être assimilé au statut d’assisté. Les campagnes de dénigrement de rmistes « fraudeurs » considérés peu ou prou comme des fainéants ou des profiteurs ont laissé des traces. Mélanger les revenus du travail avec ceux de la solidarité semble constituer, pour un certain nombre de salariés, une atteinte à leur dignité et à leur identité sociale. Il y aurait donc un coût psychique insupportable à se reconnaître et à demander à être identifié, comme travailleur pauvre ayant besoin des aides sociales.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°975 ■ 03/06/2010

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Cesser de diaboliser l’autre
Une psychiatre transmet un signalement au procureur de la République, pour accuser l’ASE d’avoir fait interner un adolescent uniquement par manque de place en famille d’accueil. En réalité, Valentin avait pris l’habitude de menacer d’un couteau tout adulte ne cédant pas à ses exigences. Constatant une nouvelle crise, c’est bien pourtant le psychiatre des urgences qui avait ordonné l’admission. Un service de ...
Pédagogie du Projet - Nantes (44)
Comment se former à ses propres projets ? La pédagogie du projet est un outil largement utilisé par le secteur socio-éducatif. Cette approche est devenue avec Jean Vassilief non seulement une méthode, mais une démarche pédagogique tournée vers l’autonomie du sujet. Explications. Il sont dix sept. Il y a là des jeunes et des moins jeunes, des ouvriers licenciés récemment et des salariés précaires...
Foyer Ty Breiz - Nantes (44)
Comment accueillir en internat ? Hier, l’accueil très rapide était pratiqué systématiquement. Aujourd’hui, ça devient l’exception. En effet, les travailleurs sociaux sont désormais partisans de donner le temps à la réflexion dans les admissions d’usagers. Illustration à travers l’exemple d’un établissement qui reçoit des adolescents. Longtemps, les enfants et jeunes en difficulté ont été ...
Le potentiel négligé de la médiation animale
Il faut remonter à 1792 pour trouver le premier usage thérapeutique de l’animal, quand un humaniste anglais, William Tucke, confia à des patients d’un asile d’aliénés un élevage de lapins et de volailles. Se sentir responsables d’animaux les fit alors se prendre un peu mieux en charge eux-mêmes. Depuis, cette pratique n’a jamais cessé d’être utilisé. Et pour cause, cette médiation interagit ...
AJD - Susciter la demande - Caluire (69)
Comment réussir à travailler avec un public qui ne veut pas être aidé ? Tel est le paradoxe auquel se sont confronté les AJD, avec un certain succès. Si dès 1943, des camps de vacances sont proposés, c’est en 1951 que Michel Jaouen et Maurice Gounon, deux pères Jésuites, fondent les AJD (Aumônerie de la Jeunesse Délinquante) destinées à élargir l’horizon des jeunes sortants de prison. A la...
Le SEMO de Brest (29)
30 années d’articulation entre le milieu ouvert et l’hébergement Répondre au plus près des problématiques d’un public en grand échec, tel était l’objectif du SEMO. Le but a été atteint au-delà des espérances. Mais jusqu’à quand ?Nous sommes en 1983. La justice des mineurs, tout comme le Conseil général sont alors confrontés à un public d’adolescents rétifs aux actions éducatives...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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