Les malheurs du RSA

Le RSA est entré en application, voilà tout juste un an. Curieusement, tous les salariés pouvant prétendre à son versement, en complément d’une activité salarié faiblement rémunérée, ne l’ont pas fait : environ 1 bénéficiaire potentiel sur 4. Pour comprendre ce décalage, le département des Pyrénées atlantiques a fait procéder à un sondage téléphonique auprès des populations concernées. Parmi les explications obtenues, sont évoqués pêle-mêle : un manque d’information, l’obligation de remplir un fastidieux formulaire de six pages, tous les trimestres pour un complément d’en moyenne seulement 50 € ou encore l’intrusion de la CAF dans la gestion du patrimoine, les livrets A et plans d’épargne logement des conjoints et des enfants devant être vérifiés. Pour 25 % de personnes consultées, il y a un refus net et par principe, de faire une demande. Rapporté à l’échelle nationale, ce chiffre représente un demi million. La raison principale mise en avant renvoie à la crainte d’être assimilé au statut d’assisté. Les campagnes de dénigrement de rmistes « fraudeurs » considérés peu ou prou comme des fainéants ou des profiteurs ont laissé des traces. Mélanger les revenus du travail avec ceux de la solidarité semble constituer, pour un certain nombre de salariés, une atteinte à leur dignité et à leur identité sociale. Il y aurait donc un coût psychique insupportable à se reconnaître et à demander à être identifié, comme travailleur pauvre ayant besoin des aides sociales.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°975 ■ 03/06/2010

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
A la manière de... ou comment un foyer de vie se taille le portrait - Saint Pavace (72)
La créativité des équipes éducatives se déploie souvent à bas bruit, restant dans la confidentialité et l’entre-soi. Elle mérite pourtant bien mieux. A l’image du Foyer de vie de Saint Pavace. L’Association d’Action et d’Insertion Sociale, plus connue sous le sigle ANAIS, est une institution qui a bien grandi. Créée en 1954, pour améliorer la qualité de vie des personnes porteuse de handicap ...
Bataclowns - Fou du roi ou roi des fous?
Une drôle de troupe sillonne la France des congrès, provoquant autant l’hilarité que la réflexion : ce sont les Bataclowns. Les 2 et 3 avril 1992, Lien social organisait à Toulouse les États généraux des éducateurs. Claude Evin, ministre de la solidarité jusqu’au 15 mai précédent, monte à la tribune. Il se fait copieusement chahuter. Ne se démontant pas, l’ancien éducateur spécialisée longtemps ...
GEPSO
S’il est inévitable, le décloisonnement sera progressif Le rapprochement entre protection de l’enfance et handicap impacte aussi les associations professionnelles. Mais, si le mouvement est lancé, il faudra du temps pour faire évoluer les pratiques et promouvoir une culture commune. Créé en 1982, le Groupement national des Établissements Publics Sociaux et Médico-sociaux (GEPSo) regroupe des ...
Survivre en squat (44)
Après l’évacuation policière de deux squats, sur Nantes, le 7 mars  un troisième résiste grâce au soutien de trois travailleurs sociaux. Les papiers d’identité d’Aboubacar, qui est arrivé de Guinée Conacry à 16 ans, avaient pourtant été validés par la police de l’air et des frontières. Le procureur a demandé un test osseux sensé déterminer son âge. Preuve non scientifique, car laissant une marge ...
Le Breton David - L'accélération du temps
dans Interviews
Reprendre le contrôle de nos temporalités Parmi les éléments qui jouent un rôle central dans l’accélération du rythme de nos existences, David Le Breton, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg, évoque ces nouveaux outils de communication que nous utilisons toutes et tous. Face à l’invasion d’internet et du téléphone portable, il fait l’éloge de la lenteur, promouvant le ...
L’exception qui confirme la règle
dans Articles
L’UNICEF- France est une association admirable, luttant depuis longtemps pour les droits humains en général et les droits de l’enfant en particulier. En cela, il faut lui rendre hommage. Mais cela ne doit pas interdire de critiquer certaines de ses prises de position, à l’image de sa charte additionnelle pour la protection de l’enfance. J’avais déjà eu l’occasion de m’offusquer, en prenant...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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