Les malheurs du RSA

Le RSA est entré en application, voilà tout juste un an. Curieusement, tous les salariés pouvant prétendre à son versement, en complément d’une activité salarié faiblement rémunérée, ne l’ont pas fait : environ 1 bénéficiaire potentiel sur 4. Pour comprendre ce décalage, le département des Pyrénées atlantiques a fait procéder à un sondage téléphonique auprès des populations concernées. Parmi les explications obtenues, sont évoqués pêle-mêle : un manque d’information, l’obligation de remplir un fastidieux formulaire de six pages, tous les trimestres pour un complément d’en moyenne seulement 50 € ou encore l’intrusion de la CAF dans la gestion du patrimoine, les livrets A et plans d’épargne logement des conjoints et des enfants devant être vérifiés. Pour 25 % de personnes consultées, il y a un refus net et par principe, de faire une demande. Rapporté à l’échelle nationale, ce chiffre représente un demi million. La raison principale mise en avant renvoie à la crainte d’être assimilé au statut d’assisté. Les campagnes de dénigrement de rmistes « fraudeurs » considérés peu ou prou comme des fainéants ou des profiteurs ont laissé des traces. Mélanger les revenus du travail avec ceux de la solidarité semble constituer, pour un certain nombre de salariés, une atteinte à leur dignité et à leur identité sociale. Il y aurait donc un coût psychique insupportable à se reconnaître et à demander à être identifié, comme travailleur pauvre ayant besoin des aides sociales.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°975 ■ 03/06/2010

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Écrasons l’infâme
Dix jours après l’assassinat de Samuel Paty, la colère ne s’apaise pas. Au-delà de la peine, de l’effroi et du ressentiment qui animent bien d’entre nous, ce qui se joue c’est la détermination à surtout ne pas baisser la tête et à résister à ce fanatisme qui est passé à l’acte. Pour autant, même si les travailleurs sociaux font partie des cibles potentielles désignées par DESH, nous devons ...
Croisière à la voile et réinsertion
Qu’il est loin le temps - pourtant pas si ancien - où les mers du globe étaient le terrain de prédilection des seuls marins pêcheurs et de quelques sportifs de haut niveau sous la houlette des Eric Tabarly et autres Alain Colas. Depuis 15-20 ans, la plaisance s’est démocratisée. Les façades atlantique et méditerranéenne se sont couvertes de dizaines de ports accueillant des milliers de bateaux. En ...
Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain
dans Articles
La question du secret professionnel avait déjà fait l’objet d’une polémique autour des violences conjugales. La loi du 30 juillet 2020, adoptée dans la prolongation du « Grenelle » consacré à cette question avait accouché d’une souris. La possibilité donnée aux médecins de lever le secret médical, en cas de danger de mort, était en effet déjà prévue par la législation (voire l’explication en fin de ce ...
Muller Jean-Marie - Président de la FNADEPAPE
dans Interviews
Pupille de l’État, éducateur spécialisé, directeur d’un foyer de l’enfance puis d’un ITEP et enfin directeur général d’une association médico-sociale, Jean-Marie Muller, adhérant à l’ADEPAPE-54 depuis 46 ans, évoque le combat de longue haleine pour faire entendre la voix des anciens de l’ASE. Quelle est la plus belle avancée récente que votre fédération a obtenue ? C’est certainement notre ...
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Le SEMO de Brest (29)
30 années d’articulation entre le milieu ouvert et l’hébergement Répondre au plus près des problématiques d’un public en grand échec, tel était l’objectif du SEMO. Le but a été atteint au-delà des espérances. Mais jusqu’à quand ?Nous sommes en 1983. La justice des mineurs, tout comme le Conseil général sont alors confrontés à un public d’adolescents rétifs aux actions éducatives...
Espace du Possible - Meschers (17)
Et vous, que faites-vous cet été ? Farniente ou refus de bronzer idiot ? Surtout ne rien faire ou choisir de faire des expériences enrichissantes ? Chacun fait ce qu'il veut de ses vacances ! Parmi les nombreuses options possibles, en voilà une qui mérite qu’on s’y attarde quelque peu. Quand arrive le temps des vacances, les professionnels se préoccupent de trouver les formules les plus adaptées qui...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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