La connerie est la chose du monde la mieux partagée

Situation banale * : les pompiers interviennent auprès d’un conducteur de scooter victime d’un accident de la circulation, suivis de près par la police. Ce qui l’est moins, c’est que la chef de la patrouille demande au blessé, gisant au sol, de lui présenter les papiers de son véhicule. Souffrant de 14 fractures dont une à l’épaule, l’homme ne peut atteindre son portefeuille. Qu’à cela ne tienne, la brave policière lui fait souffler dans le ballon. Immobilisé dans une coque rigide et perfusé, le blessé est invité, avant de prendre le chemin de l’hôpital à signer son procès verbal qu’il griffonne au jugé. Ce qui lui vaut de recevoir quelques temps après, trois contraventions pour ne pas avoir été en mesure de présenter immédiatement 1) son permis, 2) sa carte grise et 3) son assurance. La procédure, c’est la procédure. La loi, c’est la loi. Dans la police, on l’applique sans barguigner. Je vois d’ici mon lecteur éducateur, s’esclaffer et s’indigner… Le numéro 970 de Lien Social rapportait l’exemple d’un CHRS refusant au fils d’une résidente de fréquenter son club de foot (parce que l’entraînement se terminait à 21h30 et que les portes du foyer fermaient à 21h00) et d’être hébergé ponctuellement dans une famille amie (le lit devant être occupé tous les soirs). L’application stricte et rigide d’un règlement, hors de toute humanité, peut aboutir à des aberrations d’une stupidité affligeante, et ce que l’on soit flic ou éduc ! 

 

* Canard Enchaîné du 14 avril 2010

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°974 ■ 27/05/2010

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Une loi en trompe l’œil
Le 22 juillet, le Sénat votait dans les mêmes termes que les députés la semaine précédente, une nouvelle dérogation au secret médical dans les situations de violence faites aux femmes. L’article 226-14  du Code pénal prévoyait déjà deux dérogations à l’obligation du secret professionnel et aux sanctions inhérentes à sa divulgation. Premier cas de figure :  celui de « privations ou de sévices, y compris ...
C’est l’conseil
A l’Institut de Rééducation des Landettes, à Saint-Nazaire, les professionnels sont confrontés comme dans beaucoup d’établissement de ce type aux comportements difficiles, souvent éclatés, toujours problématiques d’enfants qu’on dit atteints de troubles du caractère et du comportement. Comment arriver à réguler ce déluge d’énergie, de tension et de virulence ? A cette question, l’équipe a ...
Combattre l’arbitraire
L’action des forces de l’ordre, ce sont 2 300 blessés, pendant le mouvement des gilets jaunes. Ce sont aussi ces contrôles au faciès (vingt fois plus fréquents, quand on est noir ou d’origine maghrébine). Ce sont tous ces morts par étouffement ou autre. C’est le racisme qui mine une profession votant à 67 % Le Pen. Mais, ce sont aussi ces gendarmes qui accueillent avec bienveillance la petite ...
Un film à ne pas rater
Le premier film de la réalisatrice allemande Nora Fingscheidt a emporté un vrai succès dans son pays, avec 600 000 entrées. Sa sortie en France prévue le 18 mars a été reportée au 22 juin. Il ne faut pas le rater, le nombre de salles le projetant donnant dans la rareté. Que penser de ce long métrage ? Mettant en scène les troubles du comportement particulièrement spectaculaires d’une enfant de 9...
Albert-Cabalion-Cohen : La radicalisation
dans Interviews
Comment maintenir le lien ? Alex Alber, Joël Cabalion et Valérie Cohen sont sociologues et maîtres de conférences à l’université de Tours En juin 2016, ouvre le CPIC (1) Pontourny, véritable laboratoire de lutte contre la radicalisation. Sa fermeture à la mi-février 2017 signa la faillite d’une expérience qui a vu s’opposer deux visions du travail relationnel. Trois sociologues en ont tiré des ...
Yeux Fermés Futuroscope - Poitiers (86)
Circulez, il n’y a rien à voir ! Il existe un spectacle qu’on ne peut regarder mais qui permet néanmoins de beaucoup découvrir et où l’on ressent les choses de la vie autrement que d’habitude. Explications. Quoi de plus paradoxal que de proposer au cœur d’un parc d’attractions voué à l’image et au visuel une animation où il n’y a rien à voir ? C’est pourtant le choix qu’a fait le Futuroscope de Poitiers ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org