Un monde à l’envers

Depuis 2008, les 61.000 élèves éducateurs et assistants de service social que compte notre pays peuvent prétendre à une gratification mensuelle de 417 €, pour tout stage de plus de trois mois. Cette indemnisation est d’autant plus justifiée que nombre d’établissements et de services les intègrent dans leur planning des tours de service. Le coût de cet accueil pour les 35.000 structures du secteur se monte à environ 20 millions d’Euros. C’est conséquent, mais infiniment moins que s’il fallait recruter des salariés pour les remplacer. Pour autant, tous les financeurs ne jouent pas le jeu pour budgéter cette dépense supplémentaire et tous les employeurs ne font pas non plus l’effort nécessaire, préférant profiter, à bon compte, d’une main d’œuvre gratuite. Résultats : les stages sont de plus en plus difficiles à trouver. Pour remédier à cette situation, le gouvernement n’a rien trouvé de plus intelligent que de faire voter une loi … supprimant cette gratification. On marche totalement sur la tête : ce ne sont pas les mauvais payeurs que l’on contraint à s’exécuter, mais les créanciers que l’on prive de leurs dus ! Un peu comme si, pour favoriser le travail des personnes handicapées ou des chômeurs de longue durée, on proposait aux entreprises de les employer gratuitement. Un tel cynisme atteint un degré de stupidité autant affligeant que révoltant. A quand une décision de l’État renonçant à faire payer l’impôt aux contribuables qui refuseraient de le régler ?

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°973 ■ 20/05/2010

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Sillage Journal de bord
Lundi 22 avril: Le groupe qui avait fait en partie connaissance lors de l’après-midi de présentation du bateau se retrouve à pied d’oeuvre. Derniers préparatifs avant le départ: on charge les affaires en les calant bien après s’être réparti dans les cabines. Alain, le skipper rappelle les consignes de navigation et de sécurité. Sous les sourires percent les inquiétudes des uns (« et si quelqu’un tombe ...
"Toit à moi" ou comment ne plus rester passif
Un groupe de citoyens vient de démontrer que l’action sociale n’est l’apanage ni des politiques, ni des professionnels. Un exemple à suivre. S’il est un public que l’on peut difficilement ignorer, c’est bien celui des sans domicile fixe qui peuple nos centre villes. Ils se postent à la porte des supérettes ou devant les cabines de paiement des parkings, espérant les quelques pièces de monnaie...
Village-Vacances de Misengrain
Un village-vacance tenu par des handicapés L’article du numéro 379 de Lien Social  du 2 janvier 1997 consacré à « L’expérience innovante d’un CAT: ’’ La Ferme du Monde’’ » se terminait sur un appel à un échange entre équipes éducatives sur l’utilisation de ce support que constitue le créneau touristique. En réponse à cet appel, le Village-Vacances de Misengrain nous a fait connaître sa propre...
Réadaptation Sociale ARS - Marseille (13)
A la rencontre d’une association innovante : L’Association pour la Réadaptation Sociale de Marseille Marseille est une ville bien particulière : deuxième métropole par sa population, mais l’une des premières pour sa superficie (loin devant Paris), à la croisée de l’Europe du nord et du bassin méditerranéen,  elle pourrait  connaître les mêmes phénomènes de ghettoïsation que la banlieue parisienne....
Pena-Ruiz Henri - La laïcité
dans Interviews
La laïcité ne nie pas les différences, mais invite à les dépasser. Henri Pena-Ruiz est philosophe de la laïcité et auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont le dernier « Dictionnaire amoureux de la laïcité » (1) a été couronné par le Prix National de la laïcité. Désigné en 2003 comme l’un des vingt « sages » à la commission sur la laïcité, c’est l’un des meilleurs spécialistes français sur la...
La Villa Préaut : 30 ans de prise en charge d’incasables
Certains jeunes se font exclure successivement de leurs lieux d’accueil. A la Villa Préaut, on leur dit en entrant, qu’on ne les renverra pas. Cela dure depuis bientôt trente ans… et ça tient. Radiographie d’un fonctionnement qui marche. L’histoire de la Villa Preault est tout d’abord remarquable par sa banalité. Ici, pas de débauche de moyens, ni d’expérimentations hors du commun, pas plus que ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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