Un monde à l’envers

Depuis 2008, les 61.000 élèves éducateurs et assistants de service social que compte notre pays peuvent prétendre à une gratification mensuelle de 417 €, pour tout stage de plus de trois mois. Cette indemnisation est d’autant plus justifiée que nombre d’établissements et de services les intègrent dans leur planning des tours de service. Le coût de cet accueil pour les 35.000 structures du secteur se monte à environ 20 millions d’Euros. C’est conséquent, mais infiniment moins que s’il fallait recruter des salariés pour les remplacer. Pour autant, tous les financeurs ne jouent pas le jeu pour budgéter cette dépense supplémentaire et tous les employeurs ne font pas non plus l’effort nécessaire, préférant profiter, à bon compte, d’une main d’œuvre gratuite. Résultats : les stages sont de plus en plus difficiles à trouver. Pour remédier à cette situation, le gouvernement n’a rien trouvé de plus intelligent que de faire voter une loi … supprimant cette gratification. On marche totalement sur la tête : ce ne sont pas les mauvais payeurs que l’on contraint à s’exécuter, mais les créanciers que l’on prive de leurs dus ! Un peu comme si, pour favoriser le travail des personnes handicapées ou des chômeurs de longue durée, on proposait aux entreprises de les employer gratuitement. Un tel cynisme atteint un degré de stupidité autant affligeant que révoltant. A quand une décision de l’État renonçant à faire payer l’impôt aux contribuables qui refuseraient de le régler ?

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°973 ■ 20/05/2010

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Retour vers le futur
La profession d’éducateur spécialisé est en pleine tempête. Les séjours de rupture semblent être dans l’œil du cyclone, renouant avec un passé que l’on peut revendiquer comme une alternative à une technologisation galopante.  Le creuset de la profession d’éducateur spécialisé fut longtemps centré sur le vivre avec. Il s’agissait pour l’intervenant d’accompagner l’enfant dans le quotidien de son...
CAT de la ferme du Magné 2
L’intégration par le sport passe aussi par le sport intègre L’aventure de la Transat AG2R pourrait n’être qu’un faire-valoir, une opération de prestige pour une association sanitaire et sociale intéressée avant tout par sa renommée et sa réputation. Il n’en est rien. Cette opération n’est que la partie visible et spectaculaire d’un iceberg qui comporte une masse impressionnante d’efforts et d’énergie...
La Villa Préaut : 30 ans de prise en charge d’incasables
Certains jeunes se font exclure successivement de leurs lieux d’accueil. A la Villa Préaut, on leur dit en entrant, qu’on ne les renverra pas. Cela dure depuis bientôt trente ans… et ça tient. Radiographie d’un fonctionnement qui marche. L’histoire de la Villa Preault est tout d’abord remarquable par sa banalité. Ici, pas de débauche de moyens, ni d’expérimentations hors du commun, pas plus que ...
ADAPEI - Les Morines (41)
Un parcours sensoriel intégrateur Comment réussir à mobiliser salariés, résidents et partenaires autour d’un projet innovant et convivial ? Le foyer des Morines, accueillant des adultes déficients intellectuels vieillissants, y est arrivé. Mode d'emploi d'un succès réjouissant. Depuis quelques années déjà, les associations gérant des établissements pour adultes porteurs de handicap ont été ...
Former des animateurs au temps du repas
Préparer des animateurs à l’encadrement d’enfants sur le temps du repas de midi n’est guère courant. Face aux besoins émergents, une initiative a été prise fin 2022 qui devrait se pérenniser et pourrait bien inspirer d’autres associations. Dédiée d’abord aux colonies de vacances organisées par des municipalités ou comités d’entreprise pendant le mois d’été où les parents travaillaient, puis ...
Le pot de terre contre le pot de fer (1)
Xavier Vannier, responsable du lieu de vie le Petit Bois situé dans le département de l’Orne vient d’adresser une lettre ouverte au Président de son Conseil départemental : « Le 12 décembre dernier, vous m’avez fait part de votre décision de me retirer mon agrément si je ne vous ai pas, au 18 décembre prochain, fourni le nom d’une association qui prendrait la gestion de mon lieu de vie, ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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