Quelle place pour les particularismes culturels ?

Aux bretons, auvergnats, basques ou alsaciens … qui, en entrecroisant leurs usages et coutumes, ont contribué à structurer le multiculturalisme du peuple français sont venues se rajouter des traditions en provenance d’Asie, d’Afrique noire ou du Maghreb, comme autant d’enrichissements à nos manières de vivre. Comment peut-on réagir face aux demandes familiales de respecter leurs spécificités respectives ? Il y a d’abord les particularités des modes alimentaires. Certaines familles ne mangent que de la viande Hallal, quand d’autres l’exigent Casher. Il y a celles qui se revendiquent végétariens et d’autres végétaliens. Il y a eu la mode des instinctivores qui autorisait de manger à tout moment, quand l’envie vous en prenait. Mais, cela peut aussi concerner le « vivre ensemble ». Il y a ces familles qui ne veulent pas que les vêtements des filles soient lavés avec ceux des garçons. Il en est qui ne souhaitent pas que les enfants des deux sexes soient mélangés. Il en est qui affublent leur adolescente de vêtements couvrant toute ou partie du visage et du corps. Les uns crient au communautarisme. Les autres protestent de leur liberté de croyance. Mais, consentir à un seul rituel n’engage-t-il pas ensuite d’avoir à les accepter tous, sous peine de discrimination ? Reste la possibilité de retenir le plus petit dénominateur commun qui nous permet toutes et tous de vivre les uns à côté des autres, dans une dynamique laïque et neutre.


Jacques Trémintin – Journal De l’Animation ■ n°126 ■ février 2012