Remue-méninges

L’arrêt de la Cour d’appel de Toulouse fera jurisprudence : Claire s’est vue reconnaître le droit de s’inscrire comme « mère » sur l’acte de naissance de sa fille. Pourtant, l’enfant avait déjà été reconnu par la femme qui l’avait accouché. Essayons de comprendre : la fécondation avait été rendue possible grâce aux attributs masculins du père ayant décidé de changer de genre. C’est donc bien biologiquement un homme qui avait conçu cette petite fille, mais comme il se revendiquait femme, il ne voulait plus être le père, mais la mère. Quel sac de nœuds ! Si cette configuration est un peu complexe, parions qu’avec le temps, on va finir par s’y habituer. L’homoparentalité de deux mamans et de deux papas a fini par se banaliser. Dans quelques temps, il en sera de même avec la transparentalité de papas devenus mamans ou l’inverse. Question légitime :« comment les enfants vont-ils s’y retrouver ? » Faut-il s’en inquiéter vraiment, quand on constate cet étonnant degré d’adaptation dont ils font preuve face aux constellations de familles recomposées, où se croisent à qui mieux-mieux les beaux-pères et les belles-mères, les remariages, la flopée de grands-parents et beaux-grands-parents, sans compter les demi-frères et les demi-sœurs ? Là, où le regard extérieur s’y perd parfois, les enfants savent très bien tout vous expliquer. Autre questionnement : « Les enfants ne vont-ils pas être perturbés par ce brouillage des repères ? » C’est vrai, rien ne vaut une famille normale, hétérosexuelle, blanche, bonne catholique, bien de chez nous … surtout quand papa frappe maman ou qu’il a violé la grande sœur, que maman a abandonné tout le monde ou s’est enfuie dans son pays d’origine en promettant à papa qu’il ne reverrait plus jamais sa progéniture. Finalement, un papa qui reste papa, une maman qui reste maman, deux papas, deux mamans, une maman qui devient papa ou réciproquement … l’important n’est-il pas qu’ils (elles) réussissent à aimer leur enfant le mieux possible ?

 

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1316 ■ 11/04/2022

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Pas en notre nom !
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Restaurant Pierre Landais (44)
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Le DEAT: victime de son succès?
Quand un dispositif répond aux besoins trop importants qui émergent du terrain, il peut lui arriver qu’il soit lui-même mis en difficulté. Comme un peu partout en France, le département de Haute Savoie était confronté aux mêmes difficultés d’un jeune public de plus en plus complexe, mettant à mal les dispositifs de prise en charge, qu’ils relèvent de la justice des mineurs, de la protection de ...
Albert-Cabalion-Cohen : La radicalisation
dans Interviews
Comment maintenir le lien ? Alex Alber, Joël Cabalion et Valérie Cohen sont sociologues et maîtres de conférences à l’université de Tours En juin 2016, ouvre le CPIC (1) Pontourny, véritable laboratoire de lutte contre la radicalisation. Sa fermeture à la mi-février 2017 signa la faillite d’une expérience qui a vu s’opposer deux visions du travail relationnel. Trois sociologues en ont tiré des ...
La contention en éducation spécialisée
Atteinte à la liberté ou protection ? Si la possibilité de contention en psychiatrie a récemment été reconnue par la loi, il n’en va pas de même pour le secteur socio-éducatif qui ne bénéficie que de préconisations éthiques. État des lieux.  L’audience dans le bureau du juge des enfants avait bien débuté. L’adolescent était calmement assis à côté de sa mère. Un moment de frustration insupportable...
La lutte contre le séparatisme, à la sauce Macron
En tirant à la chevrotine, Emmanuel Macron atteint bien au-delà de ce qu’il vise. Une fois de plus, il s’attaque aux conséquences et non à la source de l’extrémisme islamiste. La première cible visée, ce sont les établissements hors contrat de l’Education nationale qui seraient sous la coupe d’intégristes religieux. Ces écoles sont aujourd’hui au nombre de 1 700 et scolarisent 85 000 enfants (dont ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
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