Remue-méninges

L’arrêt de la Cour d’appel de Toulouse fera jurisprudence : Claire s’est vue reconnaître le droit de s’inscrire comme « mère » sur l’acte de naissance de sa fille. Pourtant, l’enfant avait déjà été reconnu par la femme qui l’avait accouché. Essayons de comprendre : la fécondation avait été rendue possible grâce aux attributs masculins du père ayant décidé de changer de genre. C’est donc bien biologiquement un homme qui avait conçu cette petite fille, mais comme il se revendiquait femme, il ne voulait plus être le père, mais la mère. Quel sac de nœuds ! Si cette configuration est un peu complexe, parions qu’avec le temps, on va finir par s’y habituer. L’homoparentalité de deux mamans et de deux papas a fini par se banaliser. Dans quelques temps, il en sera de même avec la transparentalité de papas devenus mamans ou l’inverse. Question légitime :« comment les enfants vont-ils s’y retrouver ? » Faut-il s’en inquiéter vraiment, quand on constate cet étonnant degré d’adaptation dont ils font preuve face aux constellations de familles recomposées, où se croisent à qui mieux-mieux les beaux-pères et les belles-mères, les remariages, la flopée de grands-parents et beaux-grands-parents, sans compter les demi-frères et les demi-sœurs ? Là, où le regard extérieur s’y perd parfois, les enfants savent très bien tout vous expliquer. Autre questionnement : « Les enfants ne vont-ils pas être perturbés par ce brouillage des repères ? » C’est vrai, rien ne vaut une famille normale, hétérosexuelle, blanche, bonne catholique, bien de chez nous … surtout quand papa frappe maman ou qu’il a violé la grande sœur, que maman a abandonné tout le monde ou s’est enfuie dans son pays d’origine en promettant à papa qu’il ne reverrait plus jamais sa progéniture. Finalement, un papa qui reste papa, une maman qui reste maman, deux papas, deux mamans, une maman qui devient papa ou réciproquement … l’important n’est-il pas qu’ils (elles) réussissent à aimer leur enfant le mieux possible ?

 

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1316 ■ 11/04/2022

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Des toiles pour un festival - Pontchateau (44)
L’art pénètre de plus en plus le secteur du handicap, non seulement comme outil pédagogique, mais aussi comme support d’épanouissement. Le festival Handistar, qui se produit chaque année depuis 2001, a décidé de s’ouvrir aux arts graphiques. L’édition 2009 qui se tiendra les 4 et 5 juillet, leur offrira un espace d’exposition qui viendra se rajouter aux 60 groupes et 400 artistes qui s’y ...
Le droit d’asile en question
En 2018, la France a reçu 122.743 demandes d’asile. Elle l’a accordée à 24.663 candidats, soit une proportion d’une demande sur cinq. La gestion de ces sollicitations devrait faire une large place à la dimension humaine des situations présentées. On en est loin. Il suffit pour s’en convaincre d’évoquer le sort des 800 auxiliaires recrutés par l’armée française pour servir d’interprète, lors de ...
SAFA (29)
Le SAFA : Un filet de sécurité aux mailles resserrées Intervenir intensivement dans les familles pour soutenir la parentalité : telle est la mission menée à bien par un service récent, fonctionnant sur le nord Finistère.Quand le Conseil départemental du Finistère lance un appel à projet, en vue de la création d’un service d’AEMO à moyens renforcés, la Sauvegarde de l’enfance répond au cahier des...
Ados Difficiles SIPAD - Nice (06)
Soin et action éducative peuvent se mener de front Psychiatres, éducateurs, enseignants ont plus l’habitude de se renvoyer les jeunes les plus difficiles que de se mettre à travailler ensemble : une structure a réussi à les réunir. Et ça marche ! Comment répondre aux situations des adolescents en grande difficulté, qui sans pour autant relever de la pathologie mentale démontrent néanmoins la...
"Toit à moi" ou comment ne plus rester passif
Un groupe de citoyens vient de démontrer que l’action sociale n’est l’apanage ni des politiques, ni des professionnels. Un exemple à suivre. S’il est un public que l’on peut difficilement ignorer, c’est bien celui des sans domicile fixe qui peuple nos centre villes. Ils se postent à la porte des supérettes ou devant les cabines de paiement des parkings, espérant les quelques pièces de monnaie...
Appliquer le droit de vote aux handicapés
Si les présidentielles et les législatives se sont déroulées en 2012, les municipales et les européennes sont programmées dans quelques semaines. Où en est le secteur médico-social dans l’application du droit de vote des personnes avec handicap mental.   Les lois de 2002 et de 2005 ont rénové l’action sociale à l’égard des personnes avec handicap. Leurs principes directeurs réaffirment la place...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org