Relier sans stigmatiser

La tradition orale a dominé la civilisation humaine pendant des millénaires, malgré l’invention de l’écriture qui resta longtemps une pratique confidentielle réservée aux élites. Les épopées de Gilgamesh en Inde, de l’Illiade et l’Odyssée en Grèce, les mythes nordiques de l’antiquité, les chansons de geste du moyen âge et autres récits épiques furent racontés oralement, très longtemps avant d’être retranscrits et lus. C’était des milliers de vers à retenir et à réciter, preuve de la formidable capacité de mémorisation dont a toujours su faire preuve l’être humain. C’est l’imprimerie qui donnera ses lettres de noblesse à l’écrit. Notre société tend parfois à assimiler l'illettrisme à une pathologie, au même titre qu'une maladie ou un handicap physique. Or, les peuples de culture non écrites sont capables de raisonnements aussi élaborés que ceux des lettrés. Et celles et ceux qui ne savent ni lire, ni écrire aujourd’hui déploient souvent individuellement des stratégies particulièrement habiles, pour compenser leurs difficultés à déchiffrer les signes. Bien sûr, il ne s’agit pas d’ignorer leur décalage à l’égard d’un monde dominé par les lecteurs, dont beaucoup souffrent. Et il faut leur proposer des outils et des actions pour remédier à leur carence face à l’écriture, telles celles qui sont décrites dans notre dossier. Mais, il faut aussi, avant de le faire, considérer, reconnaître et respecter leur différence au-delà du seul manque, comme une manière d’être au monde.

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1325 ■ 18/10/2022

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Pouvoir d’agir ou activation de l’usager?
Des approches sociales récentes peuvent s’avérer fertiles, si l’on sait les débarrasser de leurs scories. Les méthodologies s’empilent, les concepts s’accumulent et les approches d’intervention se voulant innovantes se multiplient depuis quelques années incitant à rendre l’usager acteur de son changement, à lui redonner le pouvoir sur son devenir et à décentrer les intervenants d’une maîtrise jugé ...
Les Opérations Prévention Eté
L’été sera-t-il chaud ? Jusqu’à la fin des années 70, les seuls dispositifs existants à l’égard de la jeunesse en difficulté se résumaient à l’Aide Sociale à l’Enfance, à l’Education Surveillée devenue en 1990 Protection Judiciaire de la Jeunesse  (ainsi que tout le secteur associatif d’hébergement et de milieu ouvert habilité ASE ou/et Justice), ainsi que les Clubs de Prévention (officiellement ...
Mineurs étrangers
Faut-il rejeter les mineurs étrangers isolés à la mer ? Au moment  où les députés débattent d’une nouvelle loi sur l’immigration, des jeunes étrangers isolés s’interrogent sur leur avenir. Accueillis et formés aux frais de l’Etat, ils sont menacés d’expulsion par ce même Etat, sitôt leur 18 ans atteints. Voyage en absurdité.  Eté 2001. La Préfecture des Hauts de Seine décide de fermer un squat...
Sillage réinsertion sociale
La délinquance est-elle soluble dans la mer ? Le milieu carcéral constitue un monde à part. Lieu d’enfermement, sa valeur éducative est des plus limitées et ses effets pervers bien trop fréquents. C’est pourquoi nombreux sont celles et ceux qui aspirent à lui trouver des alternatives. Que ce soient les Travaux d’Intérêt Général ou la Médiation Pénale, la réparation de la faute commise y trouve ...
Village-Vacances de Misengrain
Un village-vacance tenu par des handicapés L’article du numéro 379 de Lien Social  du 2 janvier 1997 consacré à « L’expérience innovante d’un CAT: ’’ La Ferme du Monde’’ » se terminait sur un appel à un échange entre équipes éducatives sur l’utilisation de ce support que constitue le créneau touristique. En réponse à cet appel, le Village-Vacances de Misengrain nous a fait connaître sa propre...
Du rêve à la réalité
Quand on est valide, rien de plus simple que de programmer un voyage touristique : catalogues et agences de voyages foisonnent. Quand on est lourdement handicapé, c’est plutôt mission impossible. Pourtant, ce qui relevait jusqu’alors de l’utopie a pu prendre forme, grâce à une association de Saint Nazaire : « du Rêve à la Réalité ». Pour une personne souffrant d’un handicap lourd, la vie est...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org