Relier sans stigmatiser

La tradition orale a dominé la civilisation humaine pendant des millénaires, malgré l’invention de l’écriture qui resta longtemps une pratique confidentielle réservée aux élites. Les épopées de Gilgamesh en Inde, de l’Illiade et l’Odyssée en Grèce, les mythes nordiques de l’antiquité, les chansons de geste du moyen âge et autres récits épiques furent racontés oralement, très longtemps avant d’être retranscrits et lus. C’était des milliers de vers à retenir et à réciter, preuve de la formidable capacité de mémorisation dont a toujours su faire preuve l’être humain. C’est l’imprimerie qui donnera ses lettres de noblesse à l’écrit. Notre société tend parfois à assimiler l'illettrisme à une pathologie, au même titre qu'une maladie ou un handicap physique. Or, les peuples de culture non écrites sont capables de raisonnements aussi élaborés que ceux des lettrés. Et celles et ceux qui ne savent ni lire, ni écrire aujourd’hui déploient souvent individuellement des stratégies particulièrement habiles, pour compenser leurs difficultés à déchiffrer les signes. Bien sûr, il ne s’agit pas d’ignorer leur décalage à l’égard d’un monde dominé par les lecteurs, dont beaucoup souffrent. Et il faut leur proposer des outils et des actions pour remédier à leur carence face à l’écriture, telles celles qui sont décrites dans notre dossier. Mais, il faut aussi, avant de le faire, considérer, reconnaître et respecter leur différence au-delà du seul manque, comme une manière d’être au monde.

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1325 ■ 18/10/2022

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Le masque
« La vérité sort plus facilement de l’erreur que de la confusion » Francis Bacon  Dans la file d’attente, ce jeune-homme est le seul à ne pas porter de masque. Le commerçant lui indique l’obligation imposée par la loi de se couvrir le visage. L’impétrant traite aussitôt le vendeur de menteur, affirmant que « le décret n’a pas encore été signé ». On ne peut donc l’y contraindre. Devant ...
Les SDF ont aussi le droit à la retraite - Maison de la veille sociale (44)
Un SDF vieillissant admis en maison de retraite ? Une idée saugrenue pour les uns, séduisante pour les autres. Comment ce projet a-t-il pu devenir réalité ? Explications sur une expérience unique en France. Nombre de personnes se rapprochant de l’âge de la retraite ou l’ayant dépassé restent à la rue ou se maintiennent dans les centres d’hébergement d’urgence ou dans les Centres d’hébergement et de...
Maternités ados Anjorrant - Nantes (44)
Accompagner les maternités adolescentes Certaines maternités interviennent dans des conditions qui ne les rendent pas toujours sereines : c’est le cas des adolescentes qui sont confrontées au paradoxe de devoir vivre en même temps la fin de leur enfance et un début de vie d’adulte. Ils ne sont pas nombreux les établissements en capacité de les accueillir. C’est le cas du centre éducatif ...
Association Médi’Âne - Cheméré (44)
L’âne peut-il servir de médiation ? Association Médi’Âne, rencontre nationale du 2 au 7 juin 2003, Chéméré (44)Après le chien, le cheval... l’âne peut-il servir de support de rééducation pour des populations souffrant de déficiences et d’inadaptation ? Les amateurs, praticiens et passionnés en sont convaincus. Ils militent activement pour favoriser et développer l’utilisation de ce support pas comme...
Un séjour de rupture en France? L’exemple des Gentianes (74)
Vers où orienter, pour quelques semaines, un jeune en pleine crise, afin qu’il s’apaise ? Combien d’équipes ne se posent-elles pas cette question, régulièrement, sans avoir de réponse. Un établissement propose cette solution, mais est bien trop seul à le faire. On a pris l’habitude de limiter le principe du séjour de rupture au départ vers des contrées étrangères qui rompt avec le mode de vie ...
Grandeur et décadence
Rendons hommage au conseil départemental du Gard qui fut le premier à déployer, tout au long des années 1980, une expérimentation des plus innovantes. Il s’agissait de proposer une solution alternative à la fois à l’action éducative en milieu ouvert (AEMO) qui pouvait s’avérer ne pas être assez protectrice et au placement qui réduisait notablement la mise à l’épreuve des compétences parentales. Le juge ...


Mes livres


En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


SE PROCURER LE LIVRE




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration


En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 

« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org