Relier sans stigmatiser

La tradition orale a dominé la civilisation humaine pendant des millénaires, malgré l’invention de l’écriture qui resta longtemps une pratique confidentielle réservée aux élites. Les épopées de Gilgamesh en Inde, de l’Illiade et l’Odyssée en Grèce, les mythes nordiques de l’antiquité, les chansons de geste du moyen âge et autres récits épiques furent racontés oralement, très longtemps avant d’être retranscrits et lus. C’était des milliers de vers à retenir et à réciter, preuve de la formidable capacité de mémorisation dont a toujours su faire preuve l’être humain. C’est l’imprimerie qui donnera ses lettres de noblesse à l’écrit. Notre société tend parfois à assimiler l'illettrisme à une pathologie, au même titre qu'une maladie ou un handicap physique. Or, les peuples de culture non écrites sont capables de raisonnements aussi élaborés que ceux des lettrés. Et celles et ceux qui ne savent ni lire, ni écrire aujourd’hui déploient souvent individuellement des stratégies particulièrement habiles, pour compenser leurs difficultés à déchiffrer les signes. Bien sûr, il ne s’agit pas d’ignorer leur décalage à l’égard d’un monde dominé par les lecteurs, dont beaucoup souffrent. Et il faut leur proposer des outils et des actions pour remédier à leur carence face à l’écriture, telles celles qui sont décrites dans notre dossier. Mais, il faut aussi, avant de le faire, considérer, reconnaître et respecter leur différence au-delà du seul manque, comme une manière d’être au monde.

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1325 ■ 18/10/2022

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Pontzeele Sophie - MDPH
dans Interviews
La MDPH est un pivot, non un fournisseur de solutions Entretien avec Sophie Pontzeele, responsable harmonisation des pratiques à la Maison Départementale des Personnes Handicapées du département du Nord (59) La gestion des situations complexes implique que le secteur médico-social et la protection de l’enfance s’engage dans une dynamique partenariale. Quelle relation la MDPH a-t-elle avec la...
Le DEAT: victime de son succès?
Quand un dispositif répond aux besoins trop importants qui émergent du terrain, il peut lui arriver qu’il soit lui-même mis en difficulté. Comme un peu partout en France, le département de Haute Savoie était confronté aux mêmes difficultés d’un jeune public de plus en plus complexe, mettant à mal les dispositifs de prise en charge, qu’ils relèvent de la justice des mineurs, de la protection de ...
CAT et Collège - Châteaubriant (44)
Se comprendre pour mieux s’accepter N’y a-t-il rien de plus improbable que la rencontre d’élèves de collège et de travailleurs handicapés ? La (re)connaissance mutuelle qui permet de se respecter : beaucoup en rêvent un CAT et un collège de Châteaubriant l’ont réalisé. Reportage. Le choix, qui a été fait historiquement par notre pays, de spécialiser l’éducation donnée aux enfants porteurs de ...
Où finit le diagnostic et où commence le pronostic?
Il est essentiel de comprendre la situation de celui que l’on veut accompagner… à condition de ne pas l’enfermer dans ce que l’on croit comprendre de lui.  Le diagnostic social est au cœur de toute démarche professionnelle. Face à une problématique individuelle ou collective, d’abord viennent l’écoute et l’observation attentives ; puis l’identification tant des difficultés existantes, que des...
Pourquoi je préfère être éducateur que policier !
Le ministère de l'intérieur ne sait plus où donner de la tête pour éteindre les incendies allumés aux quatre coins du pays par les bavures policières. Arrestations brutales provoquant la mort de la personne interpellée, discours racistes banalisés, violence récurrentes, arbitraire dans l'usage de l'autorité, mensonges et dissimulation dans les témoignages, provocations et humiliations...
Peyroux Olivier - Les mineurs non accompagnés
dans Interviews
Sociologue, spécialisé dans l’étude des migrations et de la traite des être humains, Olivier PEYROUX a été chargé en 2016, par L’UNICEF d’une enquête sur les enfants non accompagnés vivant sur le littoral du Nord et de la Manche (« Ni sains, ni saufs »), démontrant les nombreux dangers auxquels ils sont exposés. Les témoignages des mineurs qu’il nous livre ici sont issus des entretiens qu’il a...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org