Les oripeaux des ados. La nouvelle condition subjective des jeunes

TASSÉ Louise L., Ed. L’Harmattan, 2011, 175 p.

L’ethnologie a depuis longtemps dépassé la seule étude des mœurs des civilisations premières, pour s’intéresser à d’autres populations tout aussi exotiques, nichant au cœur de nos contrées. Ce que l’anthropologue Louise L. Tassé nous propose ici, c’est une plongée dans les représentations de la jeunesse en errance qui peuple nos villes. Allant à la rencontre de ces adolescents à la dérive qui, pour être québécois, diffèrent bien peu de ceux que l’on retrouve dans toutes les autres métropoles occidentales, elle a recueilli leur parole et nous donne à voir les signes palpables, percutants et violents de la débâcle des repères du sujet contemporain. Car, pour l’auteur, c’est bien la disparition des grands récits de légitimation et la sommation faite aux individus de se faire eux-mêmes qui sont à l’origine des phénomènes psychopathologiques émergeant depuis quelques décennies que sont les violences adolescentes, la toxicomanie, l’anorexie, de la boulimie, la dépression et les attaques de panique. Et de faire de la drogue, de l’errance et du phénomène des gangs les arêtes historiques, politiques et philosophiques d’un profond malaise sociétal. Mais, l’auteure ne fait pas qu’incriminer la modernité. Elle note tout autant la fréquence chez les jeunes qu’elle a rencontrée d’un vécu, dans leur famille, fait d’abus, d’abandon, de rejet, de séparation, de mensonge, de déracinement, de renversement et de pervertissement des rôles, de mauvais traitements, de violence physique et verbale, de toxicomanie, de douleur et de mort. Si vivre dans la rue renvoie donc à l’impossibilité de se sentir appartenir à une autre communauté que celle du groupe de pairs susceptibles de fournir les figures réparatrices et identitaires, cela permet tout autant de combler le manque vécu jusqu’alors et de trouver une place que n’ont pu offrir ni la famille, ni l’école.

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°1162 ■ 30/04/2015

 

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Restaurant Pierre Landais (44)
L’imagination au pouvoir Accéder à la culture serait-il incompatible avec la précarité ? L’action du restaurant Pierre Landais de Nantes démontre le contraire. Riche percepteur du duché de Bretagne qui finira pendu, Pierre Landais ne pouvait imaginer qu’il donnerait son nom à un restaurant social dédié aux plus pauvres.Ce n’est pas l’architecture, ni le décor intérieur qui constituent...
Permis de Construire : le droit de rêver
Plus de 50% d’augmentation de la population carcérale en 15 ans, priorité donnée à la lutte contre la récidive, multiplication des lois répressives … et la réinsertion dans tout cela ? Une belle association y travaille avec succès. A 42 ans, Basile vit seul au fond d’un jardin, dans une cabane, sans eau, ni électricité. La propriétaire le tolère : il ne lui a jamais posé de problème. Condamné à un ...
La C.I.R.C. L’autogestion au cœur de l’insertion
On les croyait dépassées et ingérables. Et voilà que cinquante ans après 1968, se perpétue l’utopie d’une communauté tournée vers l’insertion de ses membres se prenant entièrement en charge. Une douzaine de camions aménagés, de camping-cars et de caravanes sur un terrain clôturé de 1.800 m². Non, ce n’est pas une aire pour les gens du voyage, celle-ci se trouvant un peu plus loin. Nous sommes ...
Depenne Dominique - Idéologie techniciste
dans Interviews
 « L’idéologie techniciste est une idéologie de déshumanisation du travail social » Derrière la revendication d’efficacité se cache une quête d’opérationnalité performante et de rentabilité, l’esprit techniciste remplaçant la rencontre par la suspicion et la peur face à autrui qu’il cherche à maîtriser. Pourquoi affirmez-vous que le technicisme fonctionne aux antipodes de la rencontre ?Dominique...
Albert-Cabalion-Cohen : La radicalisation
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Comment maintenir le lien ? Alex Alber, Joël Cabalion et Valérie Cohen sont sociologues et maîtres de conférences à l’université de Tours En juin 2016, ouvre le CPIC (1) Pontourny, véritable laboratoire de lutte contre la radicalisation. Sa fermeture à la mi-février 2017 signa la faillite d’une expérience qui a vu s’opposer deux visions du travail relationnel. Trois sociologues en ont tiré des ...
Ordonnance du 2 février 1945 : une réforme pour quoi faire ?
Déjà révisée une quarantaine de fois, l’ordonnance du 2 février 1945, est soumise à une nouvelle réforme. Nicole Belloubet, ministre de la justice, a décidé d’agir par ordonnances, sans consulter les praticiens qui travaillent au quotidien auprès des mineurs concernés. Avant de donner la parole à Jean-Pierre Rosenczveig, spécialiste de la justice des mineurs, et ce que l’option éducative apporte à...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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