Abus de pouvoir ou famille abusive?

La presse locale s’en fait l’écho : un enfant de 5 ans a brutalement été retiré de sa famille d’accueil à Sorèze, dans le Tarn. Un scénario classique : l’Aide sociale à l’enfance prend une décision de fin de prise en charge, mais se retranche derrière le secret professionnel, pour ne pas avoir à étaler l’histoire de cet enfant, ni d’avoir à se justifier devant l’opinion publique de décisions qui relèvent de réunions de synthèses pluridisciplinaires et non de débats du café du commerce du coin. Deux hypothèses toutefois. Soit, cette famille d’accueil a adopté un comportement peu respectueux de l’intérêt de l’enfant, décidant d’agir unilatéralement, sans tenir compte des orientations décidées collectivement. Soit, l’administration reproduit de vieilles habitudes dignes de l’ancienne DASS consistant à déplacer les enfants à sa guise comme s’ils n’étaient que des ballots de linge sale. Nous ne saurons jamais le fin mot de l’histoire, ne disposant que du seul récit de la famille d’accueil forcément partial. Il n’en reste pas moins qu’il arrive parfois que la protection de l’enfance se fourvoie dans des enjeux de pouvoir, depuis l’intervenant de base (qu’il soit travailleur sociale ou assistant familial) jusqu’aux Directeurs de service. Préséance, lutte d’influence, défense de ses prérogatives ou de son pré carré. La vanité et la présomption n’épargnent pas le social. Mais, c’est toujours l’enfant qui est la première victime à en faire les frais.

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°947 ■ 29/10/2009

 

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Qu’en sera-t-il demain ?
Voilà le texte de mon intervention lors de la « Conférence du confiné » diffusée le mercredi 29 avril 2020et visible ICI Qu’en sera-t-il demain ? Avant de parler de l’après épidémie, il est important de rappeler l’avant. Je vous propose de faire un bon en arrière de quarante ans et de nous remémorer ce qui s’est passé dans les années 1980. A l’issue de la crise pétrolières et industrielles qui ...
Cesser de diaboliser l’autre
Une psychiatre transmet un signalement au procureur de la République, pour accuser l’ASE d’avoir fait interner un adolescent uniquement par manque de place en famille d’accueil. En réalité, Valentin avait pris l’habitude de menacer d’un couteau tout adulte ne cédant pas à ses exigences. Constatant une nouvelle crise, c’est bien pourtant le psychiatre des urgences qui avait ordonné l’admission. Un service de ...
Wolf Cry
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La série danoise programmée les jeudi 19 et 26 janvier sur Arte (et disponible en replay jusqu’au 26 mars) est particulièrement inspirée et inspirante. Traitant avec une intelligence rare de la question des violences intrafamiliales, elle met en scène Lars, un assistant social en protection de l’enfance, confronté à une famille composée d’un couple parental que rien ne semble distinguer de son milieu ...
Collectif MIE (44)
Les mineurs et jeunes majeurs isolés étrangers ont aussi des droits En Loire Atlantique, des travailleurs sociaux se mobilisent pour mettre un terme au traitement de plus en plus discriminatoires réservés aux mineurs isolés étrangers. L’Éducation nationale a refusé la scolarisation de Margareta en collège, l’orientant vers une classe allophone … qui a un délai d’attente d’un an. Les documents d’état ...
D’Elin à Wilson: comment ne plus laisser des ados à la rue
Face aux carences de la solidarité que devrait assurer l’action sociale, la société civile s’organise et se mobilise un peu partout en France. Illustration à Nantes avec l’association Solidarité Jeunes Majeurs et Mineurs Isolés Étrangers (SJMMIE). Ils s’appellent Mamadou ou Hakourou, Abdoulaye ou Djibril, Locénie ou Galadio, Modibo ou Baba. Ils sont âgés de 15 à 17 ans et viennent du Mali, de ...
L’exception qui confirme la règle
dans Articles
L’UNICEF- France est une association admirable, luttant depuis longtemps pour les droits humains en général et les droits de l’enfant en particulier. En cela, il faut lui rendre hommage. Mais cela ne doit pas interdire de critiquer certaines de ses prises de position, à l’image de sa charte additionnelle pour la protection de l’enfance. J’avais déjà eu l’occasion de m’offusquer, en prenant...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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