Une fausse bonne idée

Martin Hirsch vient de lancer une idée « révolutionnaire » : récompenser les lycéens pour leur assiduité en cours, par l’attribution en fin d’année, d’une cagnotte collective ! Trois lycées professionnels de l'académie de Créteil se sont, dès à présent, lancés dans cette expérimentation. Cette initiative est choquante, hypocrite et illusoire. Choquante, d’abord, car elle inscrit l’acquisition du savoir dans une logique d’intéressement financier. A l’image de certaines entreprises, affichera-t-on bientôt, sur un tableau d’honneur, à l’entrée de chaque établissement, le lycéen du mois (celui qui aura le moins séché ses cours) ? Elle est hypocrite, ensuite, car elle fait reposer sur les jeunes ce qui relève de la responsabilité des adultes. Si un élève manque un cours, c’est au système éducatif de s’interroger et de se remettre en cause, pas aux copains de jouer aux flics. Enfin, elle est illusoire. Deux types de motivations poussent les individus à agir. Les raisons intrinsèques (l’envie, le plaisir, le sens du devoir) et extrinsèques (la contrainte ou … les encouragements financiers). L’économiste Bruno Frey a démontré l’existence d’« incitations désincitatives », telle que l’introduction de facteurs monétaires dans les relations non-marchandes. Plus on dédommage un acte gratuit, moins on encourage à sa réalisation bénévole. Après l’indemnisation de l’assiduité, faudra-t-il une cagnotte pour le travail scolaire fait à la maison ou la réussite aux examens ?

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°945 ■ 15/10/2009

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
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La MDPH est un pivot, non un fournisseur de solutions Entretien avec Sophie Pontzeele, responsable harmonisation des pratiques à la Maison Départementale des Personnes Handicapées du département du Nord (59) La gestion des situations complexes implique que le secteur médico-social et la protection de l’enfance s’engage dans une dynamique partenariale. Quelle relation la MDPH a-t-elle avec la...
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Mes livres


En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration


En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 

« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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