Une fausse bonne idée

Martin Hirsch vient de lancer une idée « révolutionnaire » : récompenser les lycéens pour leur assiduité en cours, par l’attribution en fin d’année, d’une cagnotte collective ! Trois lycées professionnels de l'académie de Créteil se sont, dès à présent, lancés dans cette expérimentation. Cette initiative est choquante, hypocrite et illusoire. Choquante, d’abord, car elle inscrit l’acquisition du savoir dans une logique d’intéressement financier. A l’image de certaines entreprises, affichera-t-on bientôt, sur un tableau d’honneur, à l’entrée de chaque établissement, le lycéen du mois (celui qui aura le moins séché ses cours) ? Elle est hypocrite, ensuite, car elle fait reposer sur les jeunes ce qui relève de la responsabilité des adultes. Si un élève manque un cours, c’est au système éducatif de s’interroger et de se remettre en cause, pas aux copains de jouer aux flics. Enfin, elle est illusoire. Deux types de motivations poussent les individus à agir. Les raisons intrinsèques (l’envie, le plaisir, le sens du devoir) et extrinsèques (la contrainte ou … les encouragements financiers). L’économiste Bruno Frey a démontré l’existence d’« incitations désincitatives », telle que l’introduction de facteurs monétaires dans les relations non-marchandes. Plus on dédommage un acte gratuit, moins on encourage à sa réalisation bénévole. Après l’indemnisation de l’assiduité, faudra-t-il une cagnotte pour le travail scolaire fait à la maison ou la réussite aux examens ?

 

Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°945 ■ 15/10/2009

 

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Le Bel espoir : le retour
dans Articles
S’il est bien un nom mythique dans le travail social, c’est celui du « Bel espoir ». Pionnière, en un temps où emmener naviguer des personnes en difficulté pouvait paraître incongru, cette association est aussi le symbole de la créativité atemporelle du travail social C’est une corvette, construite en 1944 au Danemark, que rachète en 1968 le Père Jaouen, co-fondateur de l’Aumônerie de la jeunesse ...
Village-Vacances de Misengrain
Un village-vacance tenu par des handicapés L’article du numéro 379 de Lien Social  du 2 janvier 1997 consacré à « L’expérience innovante d’un CAT: ’’ La Ferme du Monde’’ » se terminait sur un appel à un échange entre équipes éducatives sur l’utilisation de ce support que constitue le créneau touristique. En réponse à cet appel, le Village-Vacances de Misengrain nous a fait connaître sa propre...
Une loi en trompe l’œil
Le 22 juillet, le Sénat votait dans les mêmes termes que les députés la semaine précédente, une nouvelle dérogation au secret médical dans les situations de violence faites aux femmes. L’article 226-14  du Code pénal prévoyait déjà deux dérogations à l’obligation du secret professionnel et aux sanctions inhérentes à sa divulgation. Premier cas de figure :  celui de « privations ou de sévices, y compris ...
Sillage réinsertion sociale
La délinquance est-elle soluble dans la mer ? Le milieu carcéral constitue un monde à part. Lieu d’enfermement, sa valeur éducative est des plus limitées et ses effets pervers bien trop fréquents. C’est pourquoi nombreux sont celles et ceux qui aspirent à lui trouver des alternatives. Que ce soient les Travaux d’Intérêt Général ou la Médiation Pénale, la réparation de la faute commise y trouve ...
Le droit d’asile en question
En 2018, la France a reçu 122.743 demandes d’asile. Elle l’a accordée à 24.663 candidats, soit une proportion d’une demande sur cinq. La gestion de ces sollicitations devrait faire une large place à la dimension humaine des situations présentées. On en est loin. Il suffit pour s’en convaincre d’évoquer le sort des 800 auxiliaires recrutés par l’armée française pour servir d’interprète, lors de ...
Evaluation à l'association Marie Moreau - Saint Nazaire (44)
L’évaluation est-elle soluble dans l’éducatif ? Rendue obligatoire par le législateur, l’évaluation peut-elle être une chance pour l’action des professionnels ou est-elle une menace ?  Tous ne partagent pas la même appréhension. Reportage dans l’association Marie Moreau qui a fait le choix de prendre le problème à bras le corps. La loi du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale fait...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


SE PROCURER LE LIVRE


« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org