Tout excès nuit

Arnaud a 16 ans. Il est apprenti boulanger. Pour s’amuser, il pose sur la fenêtre du rez-de-chaussée du collège où il était l’année précédente des pétards à mèche qu’il fait joyeusement péter, provoquant une vive émotion. Il a beau s’enfuir, il est reconnu et promptement dénoncé aux gendarmes qui viennent l’interpeller. Passage par le collège où il se fait vertement engueuler, par le Directeur. Puis, direction la gendarmerie où l’on prend ses empreintes. On lui ordonne de se déshabiller. Il se retrouve bientôt en caleçon. Il est pris en photo. Prévenu, son père vient le chercher. Un gendarme les convoque oralement pour venir ultérieurement procéder à une empreinte génétique. Ce que le père refuse. Le procès verbal de rappel à la loi qui a été établi impliquant la commission d’une infraction, la procédure est donc légale. Effet pervers de la tolérance zéro ou saine précaution ? Poser la question, c’est y répondre. A moins d’imaginer que jouer à 16 ans avec des pétards à mèche serait prédictif d’une carrière de terroriste jetant des bombes, on ne peut que s’interroger sur ce curieux excès de zèle. Coïncidence ? Arnaud est noir. Ses parents ont déposé plainte récemment contre un groupe de jeunes qui avait mis le feu à son cartable. Mais, il n’y a pas eu de poursuites et ce, malgré l’aveu des adolescents, lors de leur audition. La dérive qui nous pend au nez, est-ce la pénalisation du moindre acte de transgression d’un gamin, surtout s’il n’a pas le bon faciès ?

 

 Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°972 ■ 06/05/2010

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Le Bel espoir : le retour
dans Articles
S’il est bien un nom mythique dans le travail social, c’est celui du « Bel espoir ». Pionnière, en un temps où emmener naviguer des personnes en difficulté pouvait paraître incongru, cette association est aussi le symbole de la créativité atemporelle du travail social C’est une corvette, construite en 1944 au Danemark, que rachète en 1968 le Père Jaouen, co-fondateur de l’Aumônerie de la jeunesse ...
La communication des IMC
Comment dire quand on a à dire et qu'on ne peut pas dire ? Certains IMC ont une motricité complètement atteinte, au point qu'ils ne peuvent utiliser le langage. Des êtres dont le corps est ainsi totalement paralysé et qu'une intelligence vive et sensible habite pourtant, peuvent-ils entrer en relation avec les autres, échanger des messages ? Histoire d'un dialogue apparemment impossible. Communiquer, ...
Le « pognon » n’est pas « de dingue » pour tout le monde !
dans Articles
Ouvrir de nouvelles places d’accueil en protection de l’enfance (l’ASE fait face dans beaucoup de départements à des centaines d’enfants non placés) ? Donner aux associations de lutte contre les violences faites aux femmes la possibilité de les mettre à l’abri (7 820 offres d’accueil pour 35 700 demandes potentielles) ? Soulager une psychiatrie à l’os (il faudrait 10 000 lits supplémentaires) ? Réduire les ...
Sans Pierre - 50 ans de psychiatrie
dans Interviews
Cinquante ans de psychiatrie au filtre d’un libertaire Pour avoir joué un rôle de pionnier pendant vingt ans, Pierre Sans n’a jamais caché ce qu’il pensait, au risque de se créer des inimitiés. Il nous livre sa vérité sur un parcours qui l’a fait côtoyer le pire comme le meilleur de sa discipline. Quand vous entamez vos études de psychiatre, en 1967, vous découvrez une psychiatrie incroyablement...
ADAPEI - Les Morines (41)
Un parcours sensoriel intégrateur Comment réussir à mobiliser salariés, résidents et partenaires autour d’un projet innovant et convivial ? Le foyer des Morines, accueillant des adultes déficients intellectuels vieillissants, y est arrivé. Mode d'emploi d'un succès réjouissant. Depuis quelques années déjà, les associations gérant des établissements pour adultes porteurs de handicap ont été ...
Embarquez-vous, avec Grand Largue
La navigation est un support fréquemment utilisé pour ses vertus éducatives et socialisatrices. A preuve, l’action menée chaque année, depuis plus de deux décennies,  par une association nantaise. Reportage. Ils sont arrivés mutiques pour les uns, bougons et le regard fuyant. D’autres se sont montrés plus bavards, voire vantards, du genre qui sait déjà tout. Et puis, en un week-end, les voilà...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


SE PROCURER LE LIVRE


« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org