Tout excès nuit

Arnaud a 16 ans. Il est apprenti boulanger. Pour s’amuser, il pose sur la fenêtre du rez-de-chaussée du collège où il était l’année précédente des pétards à mèche qu’il fait joyeusement péter, provoquant une vive émotion. Il a beau s’enfuir, il est reconnu et promptement dénoncé aux gendarmes qui viennent l’interpeller. Passage par le collège où il se fait vertement engueuler, par le Directeur. Puis, direction la gendarmerie où l’on prend ses empreintes. On lui ordonne de se déshabiller. Il se retrouve bientôt en caleçon. Il est pris en photo. Prévenu, son père vient le chercher. Un gendarme les convoque oralement pour venir ultérieurement procéder à une empreinte génétique. Ce que le père refuse. Le procès verbal de rappel à la loi qui a été établi impliquant la commission d’une infraction, la procédure est donc légale. Effet pervers de la tolérance zéro ou saine précaution ? Poser la question, c’est y répondre. A moins d’imaginer que jouer à 16 ans avec des pétards à mèche serait prédictif d’une carrière de terroriste jetant des bombes, on ne peut que s’interroger sur ce curieux excès de zèle. Coïncidence ? Arnaud est noir. Ses parents ont déposé plainte récemment contre un groupe de jeunes qui avait mis le feu à son cartable. Mais, il n’y a pas eu de poursuites et ce, malgré l’aveu des adolescents, lors de leur audition. La dérive qui nous pend au nez, est-ce la pénalisation du moindre acte de transgression d’un gamin, surtout s’il n’a pas le bon faciès ?

 

 Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°972 ■ 06/05/2010

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
"Toit à moi" ou comment ne plus rester passif
Un groupe de citoyens vient de démontrer que l’action sociale n’est l’apanage ni des politiques, ni des professionnels. Un exemple à suivre. S’il est un public que l’on peut difficilement ignorer, c’est bien celui des sans domicile fixe qui peuple nos centre villes. Ils se postent à la porte des supérettes ou devant les cabines de paiement des parkings, espérant les quelques pièces de monnaie...
Lien familiaux Plein-Sud et SAPMN
Vers le rétablissement des liens familiaux Le dispositif français concernant l’enfance maltraitée s’est notablement étoffé à partir de la loi de 1989. La prise de conscience n’était pas si vieille, puisque c’est au milieu des années 80 qu’on assiste à un début de mobilisation tant des professionnels que de l’opinion publique sur cette question.Depuis, les progrès réalisés sont tout à fait...
Le masque
« La vérité sort plus facilement de l’erreur que de la confusion » Francis Bacon  Dans la file d’attente, ce jeune-homme est le seul à ne pas porter de masque. Le commerçant lui indique l’obligation imposée par la loi de se couvrir le visage. L’impétrant traite aussitôt le vendeur de menteur, affirmant que « le décret n’a pas encore été signé ». On ne peut donc l’y contraindre. Devant ...
Lutz Benoît - S’éduquer chez le Kanaks
dans Interviews
Entretien avec Benoît LUTZ, éducateur spécialisé et cadre dans un service chargé des informations préoccupantes.           « Les autres cultures constituent une richesse dont on doit tenir compte » Expérience unique pour un travailleur social que d’être confronté à une ethnie aux antipodes des ses propres représentations et fonctionnements. Ce qu’a vécu Benoît Lutz en Nouvelle Calédonie a profondément...
Educatif et milieu fermé
L’éducatif est-il soluble dans l’enfermement ? Certains débats qui agitent les milieux éducatifs et judiciaires français ont été tranchés depuis bien longtemps à l’étranger. L’action éducative qui semble chez nous impossible en milieu fermé y est pratiquée au quotidien. Vérité en deçà des Alpes et erreur au-delà ? Reportage. Il est de bon ton, dans les milieux socio-éducatifs, de considérer qu’il...
La VAE à l'ESAT Poséidon (83)
La VAE à la portée des travailleurs des ESAT Les travailleurs handicapés accumulent une expérience, tout au long de leur parcours en ESAT. L’occasion pour eux de bénéficier d’une reconnaissance de ce savoir faire accumulé. Pourtant, malgré des effets particulièrement positifs, peu en profitent. Parmi les établissements qui la mettent en œuvre, Le Poséidon à La Seyne sur Mer. La démarche n’est pas...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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