L’ASE, ça marche … aussi !

« L’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse. » Ce proverbe africain pourrait bien être la métaphore d’une protection de l’enfance dont on ne parle, le plus souvent, que pour dénoncer ses dérives. Et si l’on parlait un peu plus souvent de ces enfants qu’elle protège et qui grandissent « sans faire de bruit », en se reconstruisant et en préparant une vie adulte qu’ils réussissent. Mais, commençons par un flash-back, comme dans ces films qui remontent le temps. La scène se déroule il y a trente ans. Le secrétariat de la préfecture de mon département me téléphone, m’expliquant être chargé d’une enquête destinée à donner suite à une lettre adressée au Président de la République d’alors. Un homme condamné à une peine de prison y menaçait de se suicider, s’il ne lui était pas rendu justice contre une accusation qu’il contestait. Je le connaissais pour accompagner ses enfants qui lui avaient été retirés. Outré, je répondis alors brutalement que le sort de ce monsieur ne m’intéressait absolument pas et qu’il pouvait disposer de sa vie comme il l’entendait, ma seule préoccupation étant bien plutôt de faire en sorte que celle de ses enfants ne soit pas détruite par ce qu’il leur avait fait subir. Mon interlocutrice raccrocha, sans vraiment se formaliser de ma réaction. L’une des victimes passa son enfance et son adolescence dans une famille d’accueil qui lui apporta affection et considération. Il y avait rejoint un autre enfant qui avait trouvé, lui aussi, un cadre idéal pour grandir. L’un et l’autre sont devenus des adultes épanouis et équilibrés réussissant leur vie. Début 2022, cette famille d’accueil me fit parvenir une carte où figuraient, en photos, les parents, les enfants et les petits-enfants … ainsi que deux hommes accompagnés de leur propres conjoints et progéniture. Ces deux adultes n’étaient autre que ces garçons placés qui, officiellement adoptés, venaient d’intégrer à 36 ans, la parentèle de leur ancienne famille d’accueil.

 

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1317 ■ 10/05/2022

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Etudier et travailler en même temps
Le témoignage d’étudiants assistants sociaux Financer ses études, en exerçant une activité salariée est loin d’être facile à vivre, mais cela semble faire partie du jeu. Et puis nombre d’étudiants n’ont pas le choix. Le cursus des étudiants en travail social s’étend sur trois années. Au cours de cette période, il faut se rendre à l’école pour les regroupements théoriques, mais aussi sur les lieux de...
FREIA innovation face aux impasses
L’innovation comme réponse aux impasses Il arrive que le dispositif classique de l’action sociale soit mis en échec par certaines populations en grande difficulté. Mais, quand elle s’en donne les moyens, il est possible de proposer un dispositif qui réponde à leurs besoins. L’Institut Camille Blaisot de Caen expérimente depuis cinq ans une structure originale qui le démontre. Reportage. La...
Sénégal : sur les pas de «Vivre ensemble-Madesahel»
Mais que se passe-t-il donc dans ces séjours de rupture dont on dit beaucoup de choses positives ou négatives, sans trop savoir de quoi il retourne vraiment. Lien Social s’est rendu sur place pour comprendre comment tout cela fonctionne. Reportage. Après quatre années de stabilisation, le cours de la vie d’Axel connut, en quelques semaines, un coup d’arrêt brutal. Exclusion de son lieu de vie, ...
Travailler à la journée, pour sortir de l’errance
Le travail en partenariat est devenu, au fil du temps, un incontournable du travail social. La dynamique qu’il implique peut rester dilatoire ou se décliner avec efficacité sur le terrain. Illustration, à saint Nazaire (44,) où sa mise en œuvre permet de répondre à l’errance des jeunes, avant que celle-ci ne s’enracine. Le secteur du social, du médico-social ou de l’éducatif est habitué à des...
Qu’en sera-t-il demain ?
Voilà le texte de mon intervention lors de la « Conférence du confiné » diffusée le mercredi 29 avril 2020et visible ICI Qu’en sera-t-il demain ? Avant de parler de l’après épidémie, il est important de rappeler l’avant. Je vous propose de faire un bon en arrière de quarante ans et de nous remémorer ce qui s’est passé dans les années 1980. A l’issue de la crise pétrolières et industrielles qui ...
Se régénérer par l’écriture
Comment cette écriture tant redoutée du professionnel face à la première page blanche du rapport qu’il doit rédiger peut-elle devenir libératrice ? Mode d’emploi. Qui prend soin des professionnels qui prennent soin des usagers ? Les travailleurs sociaux ne sont pas des machines à fournir de l’aide. La prise en compte de tous les malheurs du monde, cela use. Il suffit pour s’en convaincre de...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org