Quelle formation pour le travail social ?

On a connu le temps des pionniers qui en appelaient au dévouement et faisaient de l’encadrement des « jeunes inadaptés » une vocation, au point de donner l’envie à l’abbé Plaquevent de créer un ordre religieux d’éducateurs, après avoir fondé l’un des premiers centres de formation, en 1942 : l’école Saint Simon (devenue depuis Institut) à Toulouse. De leur côté, chez les assistantes sociales, il était mal vu d’être mariée, ce qui les aurait détournées du don de soi plein et entier qu’elles devaient à leur mission.

Puis, vint le temps de la professionnalisation progressive : conventions collectives, amplitude horaire, respect du code du travail etc.... En voie de disparition, ces transferts de quinze jours où l’on était sur le pont 24/24 heures, sa récupération en temps réel n’étant pas à l’ordre du jour, elle aurait trop plombé l’emploi du temps de l’équipe pendant des semaines. Mais, dans le même temps, cette évolution fit une place plus importante à la vie privée.

Aujourd’hui, est un autre jour pour le travail social : turn-over sur les postes non pourvus pendant des mois, refus parfois du candidat à l’emploi d’un contrat à durée indéterminé au profit d’un contrat à durée déterminée, développement inimaginable il y a dix ans de l’interim, professionnels se réorientant au bout de quelques années dans une branche n’ayant rien à voir avec le social etc … le profil du travailleur social nouveau est en pleine mutation. Pas de place ici pour une nostalgie de mauvais alois : notre passé n’est pas forcément toujours si enviable que cela ! Juste un défi lancé aux centres de formation : préserver les valeurs humanistes de nos métiers, tout en répondant aux évolutions du monde du travail. 

 

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1322 ■ 06/09/2022

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Tour de France des BAFA cuisine
dans Articles
Avril 1987, le stage animé une ultime fois, par un couple engagé depuis cinquante ans auprès de la fédération des amicale laïques du Finistère, est scindé en deux. Monsieur forme à l’économat, Madame à la cuisine. Les salariées de cantines, venues se perfectionner, vont exceller. Jamais des repas de collectivité ne furent sans doute autant appréciés. Outre la diversité proposée (à chaque fois ...
Le potentiel négligé de la médiation animale
Il faut remonter à 1792 pour trouver le premier usage thérapeutique de l’animal, quand un humaniste anglais, William Tucke, confia à des patients d’un asile d’aliénés un élevage de lapins et de volailles. Se sentir responsables d’animaux les fit alors se prendre un peu mieux en charge eux-mêmes. Depuis, cette pratique n’a jamais cessé d’être utilisé. Et pour cause, cette médiation interagit ...
Instants d’éternité
Aucun projet pédagogique ne pourra jamais programmer l’intensité du partage du vivre ensemble. Empreintes d’utilité et de pédagogie, bien des actions professionnelles se veulent porteuses d’un objectif à atteindre, d’un projet à concrétiser, d’un progrès à mesurer. Il est pourtant des moments où il est difficile de fixer de telles ambitions, sans risquer de les plaquer d’une manière artificielle : ...
Sans Pierre - 50 ans de psychiatrie
dans Interviews
Cinquante ans de psychiatrie au filtre d’un libertaire Pour avoir joué un rôle de pionnier pendant vingt ans, Pierre Sans n’a jamais caché ce qu’il pensait, au risque de se créer des inimitiés. Il nous livre sa vérité sur un parcours qui l’a fait côtoyer le pire comme le meilleur de sa discipline. Quand vous entamez vos études de psychiatre, en 1967, vous découvrez une psychiatrie incroyablement...
Puaud Davis - La radicalisation
dans Interviews
« L’action de prévention de l’animateur ne peut se réaliser que sur la durée » Anthroplogue, ancien éducateur de rue, David Puaud est aujourd’hui formateur-chercheur à l’Institut Régional du Travail Social Poitou-Charentes. Spécialiste des marges urbaines et du contrôle social, il a réalisé de nombreuses enquêtes au sein de quartiers populaires. Sa fine connaissance du terrain lui permet de ...
Consultation professionnelle anonyme - 49
S.O.S. Professionnels en difficulté La confrontation aux situations de maltraitance est toujours une épreuve difficile. Que faire quand médecin, professeur, travailleuse familiale, travailleur social …on est confronté à la nécessité d’un signalement et qu’on hésite, qu’on se pose des questions, qu’on a peur d’agir et encore plus de ne rien faire ? Pour celles et ceux qui travaillent en ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
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