Chacun son handicap

Deepak Kumaren, petit garçon de sept ans, est né avec quatre jambes et quatre bras. En occident, ce handicap particulièrement invalidant aurait valu à l’enfant, il y a encore quelques décennies, une place dans un cirque. Il aurait attiré la curiosité malsaine de milliers de spectateurs qui auraient payé très cher pour voir cette anomalie de la nature. En Inde, son pays de naissance, cela lui vaut la dévotion des adeptes de Vishnou, dieu aux quatre bras. « Il y a des gens qui me donnent de l'argent, des fruits et des bonbons. Quelquefois je reçois aussi des fleurs » explique l’enfant qui ignore qu’ici, il aurait plutôt reçu des pierres ! Chez les Kel Tamasheq (Touareg du nord Mali), les critères qui empêchent individu de remplir son rôle normal, ce sont l’âge avance ou au contraire l’immaturité qui provoquent un trop grand état de dépendance), la laideur qui réduit les chances de mariage, mais aussi, sans qu’on sache pourquoi, la profusion des tâches de rousseur, le nombril protubérant, ainsi qu’un postérieur flasque ou étroit. Les canons de la beauté sont très différents selon l’époque historique et les continents. La représentation du handicap n’est jamais qu’une construction culturelle, propre à chaque société. Dans l’infini diversité des approches de l’espèce humaine, ce qui est déficience pour les uns peut être une excellence pour les autres. De quoi nous inspirer la plus grande humilité et relativiser nos regards sur ces personnes autrement capables.

 

 Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°968 ■ 15/04/2010

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Embarquement immédiat sur Cap vert (44)
Beaucoup réussissent, sur terre ou sur mer, à offrir aux personnes avec handicap un séjour hors du commun. Mais, personne n’avait jusque là pensé à le faire le long des canaux fluviaux. Si beaucoup en ont rêvé. Cap Vert l’a réalisé. Voyons comment. L’accès au tourisme pour les personnes en situation de handicap reste à conquérir, surtout si l’on revendique, à juste raison, qu’un tel droit puisse se ...
Dur, dur, d’être Directeur
Il arrive aux meilleurs de connaître des revers de destinée. La mauvaise passe traversée par Pascal Vivet ne l’empêche pas de garder un regard critique sur les mutations en cours. On connaissait le Pascal Vivet, coauteur avec Stanislas Tomkiewicz du célèbre « Aimez mal et châtiez bien », premier ouvrage à dénoncer en 1991 les maltraitances institutionnelles (à une époque où cela n’était pas encore ...
Où finit le diagnostic et où commence le pronostic?
Il est essentiel de comprendre la situation de celui que l’on veut accompagner… à condition de ne pas l’enfermer dans ce que l’on croit comprendre de lui.  Le diagnostic social est au cœur de toute démarche professionnelle. Face à une problématique individuelle ou collective, d’abord viennent l’écoute et l’observation attentives ; puis l’identification tant des difficultés existantes, que des...
Bon Pasteur: du refuge à l’enfer
Dans la lignée de Saint Vincent de Paul, beaucoup de congrégations religieuses se sont données pour objectif de venir en aide aux enfants en danger. L’ordre de notre dame de la charité, plus connue sous le nom du Bon Pasteur fut, au XXème siècle, l’une des principales institutions à accueillir des filles et des adolescentes en difficulté. La publication d’un recueil de témoignages d’anciennes...
Sillage, réponse face aux incasables
Quelle réponse face aux incasables ? L’exemple de Sillage Le débat à propos des Unités Educatives à Encadrement Renforcé est loin d’être clos. Ce n’est là qu’un nouvel épisode du véritable “ serpent de mer ” qui réapparaît régulièrement. Il y a d’un côté ceux qui veulent innover et proposer des solutions originales pour prendre en charge ces “ incasables ” qui errent de placement en placement, ces ...
Le pot de terre contre le pot de fer (1)
Xavier Vannier, responsable du lieu de vie le Petit Bois situé dans le département de l’Orne vient d’adresser une lettre ouverte au Président de son Conseil départemental : « Le 12 décembre dernier, vous m’avez fait part de votre décision de me retirer mon agrément si je ne vous ai pas, au 18 décembre prochain, fourni le nom d’une association qui prendrait la gestion de mon lieu de vie, ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org