Chacun son handicap

Deepak Kumaren, petit garçon de sept ans, est né avec quatre jambes et quatre bras. En occident, ce handicap particulièrement invalidant aurait valu à l’enfant, il y a encore quelques décennies, une place dans un cirque. Il aurait attiré la curiosité malsaine de milliers de spectateurs qui auraient payé très cher pour voir cette anomalie de la nature. En Inde, son pays de naissance, cela lui vaut la dévotion des adeptes de Vishnou, dieu aux quatre bras. « Il y a des gens qui me donnent de l'argent, des fruits et des bonbons. Quelquefois je reçois aussi des fleurs » explique l’enfant qui ignore qu’ici, il aurait plutôt reçu des pierres ! Chez les Kel Tamasheq (Touareg du nord Mali), les critères qui empêchent individu de remplir son rôle normal, ce sont l’âge avance ou au contraire l’immaturité qui provoquent un trop grand état de dépendance), la laideur qui réduit les chances de mariage, mais aussi, sans qu’on sache pourquoi, la profusion des tâches de rousseur, le nombril protubérant, ainsi qu’un postérieur flasque ou étroit. Les canons de la beauté sont très différents selon l’époque historique et les continents. La représentation du handicap n’est jamais qu’une construction culturelle, propre à chaque société. Dans l’infini diversité des approches de l’espèce humaine, ce qui est déficience pour les uns peut être une excellence pour les autres. De quoi nous inspirer la plus grande humilité et relativiser nos regards sur ces personnes autrement capables.

 

 Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°968 ■ 15/04/2010

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Combattre l’arbitraire
L’action des forces de l’ordre, ce sont 2 300 blessés, pendant le mouvement des gilets jaunes. Ce sont aussi ces contrôles au faciès (vingt fois plus fréquents, quand on est noir ou d’origine maghrébine). Ce sont tous ces morts par étouffement ou autre. C’est le racisme qui mine une profession votant à 67 % Le Pen. Mais, ce sont aussi ces gendarmes qui accueillent avec bienveillance la petite ...
Association Nomado - Raids à l'étranger
Partir pour mieux se retrouver « Pour qu’ils puissent échapper à leur sauvage désespérance, nous devons avant tout être pour eux des inventeurs de désirs » affirmait Erce. Nomado l’a compris mieux que quiconque. Cette association propose à des jeunes en très grande difficulté des raids à travers le Haut Atlas ou sur l’Himalaya. Reportage  Si les institutions traditionnelles apportent pour  la majorité...
L’innovation face aux ados difficiles
L’isolement face aux « incasables » mène à l’échec. Ce constat récurrent pousse le monde associatif à mutualiser ses compétences à travers des formations-actions communes. Ils ne sont pas nombreux, ces adolescents en grande souffrance qui mettent en échec les équipes. Parcours chaotiques, passage de foyers en service et de service en foyers, ruptures successives, échecs répétés, conduites à ...
Handi Cap
Fixer la route vers le Handi Cap La navigation de croisière revient déjà cher quand on est valide. Mais, quand on souffre de handicap, ce n’est même pas la peine d’y penser. Et pourtant le rêve est devenu réalité...pour une poignée de privilégiés aujourd’hui...qui seront bien plus nombreux, demain ? Il est 9h 15 en ce samedi 14 septembre, quand une trentaine de personnes se retrouvent au PC...
Permis de Construire : le droit de rêver
Plus de 50% d’augmentation de la population carcérale en 15 ans, priorité donnée à la lutte contre la récidive, multiplication des lois répressives … et la réinsertion dans tout cela ? Une belle association y travaille avec succès. A 42 ans, Basile vit seul au fond d’un jardin, dans une cabane, sans eau, ni électricité. La propriétaire le tolère : il ne lui a jamais posé de problème. Condamné à un ...
Le DEAT: victime de son succès?
Quand un dispositif répond aux besoins trop importants qui émergent du terrain, il peut lui arriver qu’il soit lui-même mis en difficulté. Comme un peu partout en France, le département de Haute Savoie était confronté aux mêmes difficultés d’un jeune public de plus en plus complexe, mettant à mal les dispositifs de prise en charge, qu’ils relèvent de la justice des mineurs, de la protection de ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org