Chacun son handicap

Deepak Kumaren, petit garçon de sept ans, est né avec quatre jambes et quatre bras. En occident, ce handicap particulièrement invalidant aurait valu à l’enfant, il y a encore quelques décennies, une place dans un cirque. Il aurait attiré la curiosité malsaine de milliers de spectateurs qui auraient payé très cher pour voir cette anomalie de la nature. En Inde, son pays de naissance, cela lui vaut la dévotion des adeptes de Vishnou, dieu aux quatre bras. « Il y a des gens qui me donnent de l'argent, des fruits et des bonbons. Quelquefois je reçois aussi des fleurs » explique l’enfant qui ignore qu’ici, il aurait plutôt reçu des pierres ! Chez les Kel Tamasheq (Touareg du nord Mali), les critères qui empêchent individu de remplir son rôle normal, ce sont l’âge avance ou au contraire l’immaturité qui provoquent un trop grand état de dépendance), la laideur qui réduit les chances de mariage, mais aussi, sans qu’on sache pourquoi, la profusion des tâches de rousseur, le nombril protubérant, ainsi qu’un postérieur flasque ou étroit. Les canons de la beauté sont très différents selon l’époque historique et les continents. La représentation du handicap n’est jamais qu’une construction culturelle, propre à chaque société. Dans l’infini diversité des approches de l’espèce humaine, ce qui est déficience pour les uns peut être une excellence pour les autres. De quoi nous inspirer la plus grande humilité et relativiser nos regards sur ces personnes autrement capables.

 

 Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°968 ■ 15/04/2010

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Faire face aux résistances
dans Articles
La vaccination a enfin adopté son rythme de croisière. Il était temps ! Le retard pris depuis le début de l’année ne saurait, comme il se doit, être imputé à nos dirigeants qui le proclament avec force et arrogance : ils ont toujours agi comme il le fallait. Ils ont toujours fait les bons choix. Ils ont toujours pris les bonnes décisions. Qu’on se le dise ! A force de se le répéter, ils vont ...
ESAT - Troyes (10)
Signes particuliers ? Musiciens et handicapés ! Qu’il est difficile d’avoir accès à la culture quand on souffre de handicap. Et pourtant, rien d’impossible. L’ESAT Arc en ciel en fait la démonstration depuis 1990. Ce n’est pas un hasard si certaines cultures traditionnelles ont élevé la musique au rang du sacré. Par l’émotion qu’elle crée, par le bien-être qu’elle procure, par sa capacité à...
Mineurs errants - Bordeaux (33)
Comment répondre aux jeunes qui ne demandent rien ? Proposer un accueil minimal répondant aux besoins primaires : on connaît de tels dispositifs pour certaines catégories d’adultes. A bordeaux, un centre de jour va ouvrir à destination des mineurs errants. Reportage. Les intervenants en toxicomanie ont compris depuis quelques années déjà l’intérêt de proposer des espaces dits à « bas seuil ...
Handistar 2002 - Carentoir (56)
L’été est propice aux festivals qui ont poussé à travers toute la France comme les champignons après l’orage. Le secteur du travail protégé sait aussi faire la fête : la Ferme du Monde vient de le démontrer. Avril 1996 : le parc de la Ferme du Monde ouvrait ses portes. Janvier 1997, Lien social (n°379) racontait l’histoire de ce CAT du Bois Jumel à Carentoir (56) à qui, une riche veuve avait ...
Écrasons l’infâme
Dix jours après l’assassinat de Samuel Paty, la colère ne s’apaise pas. Au-delà de la peine, de l’effroi et du ressentiment qui animent bien d’entre nous, ce qui se joue c’est la détermination à surtout ne pas baisser la tête et à résister à ce fanatisme qui est passé à l’acte. Pour autant, même si les travailleurs sociaux font partie des cibles potentielles désignées par DESH, nous devons ...
Mineurs étrangers
Faut-il rejeter les mineurs étrangers isolés à la mer ? Au moment  où les députés débattent d’une nouvelle loi sur l’immigration, des jeunes étrangers isolés s’interrogent sur leur avenir. Accueillis et formés aux frais de l’Etat, ils sont menacés d’expulsion par ce même Etat, sitôt leur 18 ans atteints. Voyage en absurdité.  Eté 2001. La Préfecture des Hauts de Seine décide de fermer un squat...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
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