Chacun son handicap

Deepak Kumaren, petit garçon de sept ans, est né avec quatre jambes et quatre bras. En occident, ce handicap particulièrement invalidant aurait valu à l’enfant, il y a encore quelques décennies, une place dans un cirque. Il aurait attiré la curiosité malsaine de milliers de spectateurs qui auraient payé très cher pour voir cette anomalie de la nature. En Inde, son pays de naissance, cela lui vaut la dévotion des adeptes de Vishnou, dieu aux quatre bras. « Il y a des gens qui me donnent de l'argent, des fruits et des bonbons. Quelquefois je reçois aussi des fleurs » explique l’enfant qui ignore qu’ici, il aurait plutôt reçu des pierres ! Chez les Kel Tamasheq (Touareg du nord Mali), les critères qui empêchent individu de remplir son rôle normal, ce sont l’âge avance ou au contraire l’immaturité qui provoquent un trop grand état de dépendance), la laideur qui réduit les chances de mariage, mais aussi, sans qu’on sache pourquoi, la profusion des tâches de rousseur, le nombril protubérant, ainsi qu’un postérieur flasque ou étroit. Les canons de la beauté sont très différents selon l’époque historique et les continents. La représentation du handicap n’est jamais qu’une construction culturelle, propre à chaque société. Dans l’infini diversité des approches de l’espèce humaine, ce qui est déficience pour les uns peut être une excellence pour les autres. De quoi nous inspirer la plus grande humilité et relativiser nos regards sur ces personnes autrement capables.

 

 Jacques Trémintin – LIEN SOCIAL ■ n°968 ■ 15/04/2010

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Grandir d’un monde à l’autre
Quand on évoque le handicap, on donne le plus souvent la parole aux professionnels. Une petite association anime avec succès, depuis une dizaine d’années, un créneau peu exploité : celui de la transmission de la parole des personnes qui en sont atteintes et de leur famille.  Quand son premier fils naît, Olivier Raballand vit, comme bien de pères, le plus beau jour de sa vie. Mais, quand il...
Pourquoi discriminer la pauvreté est devenu un délit
Tenir des propos discriminatoires en raison d’une religion, d’une ethnie ou d’une orientation sexuelle est passible de sanction pénale. Étonnamment, le faire en raison de la pauvreté n’était pas pénalisé. Le combat mené à l’initiative d’ATD Quart Monde vient d’être couronné de succès. « Des enfants interdits de cantine parce que leurs parents sont chômeurs, une famille expulsée d'un musée parce ...
Le Breton David - L'accélération du temps
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Reprendre le contrôle de nos temporalités Parmi les éléments qui jouent un rôle central dans l’accélération du rythme de nos existences, David Le Breton, professeur de sociologie à l’université de Strasbourg, évoque ces nouveaux outils de communication que nous utilisons toutes et tous. Face à l’invasion d’internet et du téléphone portable, il fait l’éloge de la lenteur, promouvant le ...
Le SEMO
Entre AEMO et internat, un dispositif original : le SEMO Il arrive parfois que la situation d’une famille soit trop dégradée pour qu’une simple aide éducative soit suffisante, mais pas assez pour qu’un placement soit nécessaire. Et pourtant le seul choix se situe entre ces deux solutions, au risque d’agir trop fort... ou pas assez. D’autres solutions sont pourtant possibles. Les SEMO du ...
Identifier le potentiel de la personne lourdement handicapée
A ne voir que les manques des populations en difficulté, on risque de passer à côté de leurs compétences potentielles. La formation portée par l’ANDESI est venue bousculer les pratiques professionnelles et les habitudes acquises. Reportage. S’il est un public dont on peut a priori douter de la capacité et de la compétence, c’est bien celui composé de personnes atteintes de lourds handicaps tant...
Bonne année, Monsieur le Président !
dans Articles
 « Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer à le faire jusqu'au bout » a déclaré Emmanuel Macron, provoquant une indignation sélective …  Car, Monsieur le Président, depuis bientôt cinq ans, vous n’avez cessé d’emmerder :  … les soignants, dont les conditions ont continué à se dégrader, … les travailleurs sociaux à qui vous avez refusé le bénéfice du Ségur, … les ...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
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