Travail de rue et personnes à la marge. Les rencontres des "acteurs" de la rue

Sous la direction de Serge ESCOTS, érès, 2005, 192 p.

Ils sont un certain nombre à Toulouse, à intervenir auprès des personnes vivant dans la rue : professionnels et bénévoles, lieux d’accueil pour sans domicile fixe et intervenants choisissant d’aller à la rencontre du public là où il vit, intervention plutôt sanitaire ou plutôt  sociale etc… De septembre  2000 à juin 2001, ils ont croisé leurs regards, confronté leurs expériences, comparé leurs motivations et interrogé leurs éthiques, au cours de neuf rencontres qui ont trouvé leur

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Combattre les exclusions. Aux sources de nos engagements

Michel FALISE, Chronique Sociale, 2004, 167 p

« L’exclusion n’est ni fatale, ni définitive (…) la société peut faire plus et mieux pour la prévenir, la réduire, l’éliminer » (p.19) C’est sur cette proposition de principe que l’auteur, universitaire, économiste et ancien Président du mouvement « Habitat & Humanisme » nous propose une réflexion pleine de sensibilité et d’intelligence. Il commence par un constat roboratif porté sur la montée d’une culture stérile de protestation-résignation qui se contente de mettre en accusation la

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Oser réussir l’insertion

Catherine BERNATET, éditions de l’Atelier, 2005, 187 p.

La succession des dispositifs et des lois d’insertion à laquelle nous assistons depuis trente ans n’a réussi à enrayer ni le chômage, ni la paupérisation. Au point de s’interroger sur le but recherché : ne s’agirait-il pas finalement de gérer un volant de chômeurs réputés incompressibles, tel un cautère destiné à panser sans jamais soigner ? Pour les uns, les demandeurs d’emploi souffriraient d’un déficit d’« employabilité »,  leurs compétences étant trop décalées par rapport aux

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Et si les sdf n’étaient pas des exclus? Essai ethnologique pour une définition positive

Stéphane RULLAC, L’Harmattan, 2005, 148 p.

L’affaire est entendue, ces sans logis qui peuplent nos centre villes sont désocialisés, désaffiliés, acculturés, déculturés, anomiques, malades mentaux, délinquants et pour tout dire victimes. Mais, voilà que Stéphane Rullac vient bousculer nos certitudes et nous semer le doute : et si ces catégorisations marquaient avant tout la réaction d’une majorité de la population déstabilisée face à une minorité qui défie les règles de vie, tout en questionnant les représentations communément admises en terme

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Sdf, l’obscénité du malheur

Pierre BABIN, érès, 2004, 122 p.

Quoi de plus sympathique qu’un psychanalyste qui ne se contente pas d’attendre dans son cabinet la demande d’éventuels clients, mais qui offre bénévolement ses services à Médecin du monde, pour proposer une offre d’écoute aux sans logis ? Quoi de plus crédible qu’un psychanalyste qui reconnaît qu’« il a fallu largement plus d’un siècle pour accepter de reconnaître que Freud a lu Sophocle avec les lunettes du désaveu » (p.44). Rappelons que le père de la psychanalyse n’a repris du mythe d’Œdipe que ce qui lui

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Les nomades du vide

François CHOBEAUX, La découverte, 2004, 134 p.

Voilà enfin réédité le livre de François Chobeaux consacré à ces vagues de zonards qui se sont mis à errer de festivals en  festivals à partir des années 1990. Ce ne sont ni des fugueurs, ni des sdf, ni des routards : ils se déplacent entre le printemps et l’automne, sans  but réel autre que l’errance elle-même. Les Céméa, refusant la stratégie dissuasive et répressive adoptée par certaines municipalités, acceptèrent alors d’élaborer des réponses alliant le social, le sécuritaire et

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Hébergement et réinsertion sociale: les CHRS. Dispositif, usagers, intervenants

Patrick PELEGE, 2004, érès, 278 p.

Il n’est pas facile de parler de façon synthétique des 700 CHRS que compte notre pays, tant ce dispositif disparate et complexe est lié aux particularités géographiques et associatives locales.  Patrick Pelège y arrive néanmoins avec bonheur et intelligence. Il commence par évoquer le mouvement qui a porté l’aide sociale à l’hébergement du seul accueil des populations issues de l’hôpital, de la prison ou de la prostitution à l’élargissement aux victimes des processus complexes d’appauvrissement et de

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Je suis noir et je n’aime pas le manioc

Gaston KELMAN, Mad Max Milo éditeur, 2003, 182 p.

« Je suis noir et je suis cadre, mais ne le dites pas à mon voisin, il me croit éboueur » Gaston Kelman aborde ici la question du racisme sous un angle inhabituel. Il n’est pas tant question ici du crétin qui rejette ouvertement celui qui est différent, mais du citoyen moyen prisonnier de l'atavisme qui amène à penser l’autre à partir non de ce qu’il est, mais de ce qu’il devrait être, conformément à l’idée qu’on se fait de ses caractéristiques congénitales. Il y aurait enracinement dans un

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Sans visages. L’impossible regard sur le pauvre

Arlette FARGE, Jean-François LAE, Patrick CINGOLANI, Franck MAGLOIRE, Bayard, 2004, 272 p

Cet ouvrage est écrit à plusieurs voix. Une historienne, deux sociologues et un écrivain ont réuni leurs plumes autour de la même conviction : le pauvre, le démuni, celui qui n’a pas ou qui n’a plus, vit dans une non-représentation. S’il est de droit dans la société, il n’est plus de la société. Qu’on en juge : qu’ils s’appellent mendiants ou indigents, défavorisés ou précaires, sdf ou sans-abri, les mots pour les nommer ne servent qu’à les stigmatiser à

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Ni putes, ni soumises

Fadela AMARA, La Découverte, 2003, 156 p.

On a assisté, au cours des quinze dernières années, à un double mouvement dans les banlieues : désinvestissement des pouvoirs publics qui ont de plus en plus déserté la lutte contre les discriminations et radicalisation des garçons qui, ressassant leur rancœur et leurs échecs, ont retourné leur rage contre les filles. Ce qui était au début une simple pression est devenue une véritable oppression : les garçons se sont sentis autorisés à édicter des règles de conduite aux filles et à corriger celles qui

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