Comment parler de la guerre aux enfants ?

Avec le cauchemar qui surgit à nos portes, quelles réponses donner ?

Entre le lâche abandon d’une nation victime d’une guerre d’annexion et la prudence soucieuse de ne pas déclencher un cataclysme nucléaire, le désarroi se mélange à la peur, la révolte à la honte et la réflexion à la tétanisation. Cet état émotionnel qui envahit les adultes ne peut que contaminer les enfants. Quelles attitudes adopter à leur égard ?

Ecoute et ajustement

Inutile de tenter de les tenir à distance de nos ressentis. Ce sont de véritables éponges qui s’imprègnent des préoccupations de leurs proches. Certains enfants préfèreront s’en protéger, pour éviter d’être submergés par l’anxiété ambiante. A l’inverse, d’autres se libèreront de leur angoisse, en la verbalisant spontanément. D’autres encore sembleront ne pas s’en émouvoir, construisant des scénarios apocalyptiques qu’ils garderont au fond d’eux-mêmes, pour protéger les adultes. Il est nécessaire d’écouter tous ces enfants dans des besoins qui ne sont ni uniformes, ni indifférenciés. Trois attitudes semblent s’imposer. Ne pas les laisser seuls face aux images et informations alarmantes qui se multiplient, mais se tenir prêts à dialoguer avec eux. Être à l’écoute de leurs demandes et de leurs attentes : toujours partir de leurs représentations, de leurs émotions et de leurs compréhensions et non des nôtres. Réaffirmer notre rôle de sécurisation, de protection et de présence inconditionnelle à leurs côtés.  

 

Jacques Trémintin – Journal de L’Animation ■ n°228 ■ Avril 2022

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Fermeture de la maison Connerré
C'était pourtant une réussite… La fermeture de la maison Connerré Les équipes éducatives savent parfois faire preuve d’une créativité et d’une inventivité qui permettent de soulever des montagnes. Elles n’en sont pas pour autant toujours récompensées. A l’image de la brutale fermeture de la maison de Connerré, coupable de réussir. Reportage. A n’en pas douter, l’heure est à la répression. Le réflexe ...
Un centre de loisirs ouverts à tous, handicapés ou pas (35)
Accueillir des enfants quelle que soient leurs déficiences, mélanger valides et handicapés : de plus en plus d’Accueil collectif de mineurs sont confrontés à cette question. Pendant que les uns s’interrogent, Loisirs Pluriel le fait depuis vingt ans. Beaucoup de structures proposant leurs services aux personnes porteuses de handicap, sont le fruit de la mobilisation de familles cherchant à créer...
Laëtitia - 2 - Du côté des professionnels
Ce qu’un éducateur peut dire, après avoir regardé la série de Jean-Xavier de Lestrade sur France 2. Qu’en est-il de la représentation de la protection de l’enfance dans la fiction faisant le récit du viol, meurtre et dépeçage de Laëtitia Perrais vivant en famille d’accueil en Loire atlantique ? C’est, sans doute, son angle mort, son scénario se montrant bien plus erratique. On voit apparaître la même ...
Pourquoi je préfère être éducateur que policier !
Le ministère de l'intérieur ne sait plus où donner de la tête pour éteindre les incendies allumés aux quatre coins du pays par les bavures policières. Arrestations brutales provoquant la mort de la personne interpellée, discours racistes banalisés, violence récurrentes, arbitraire dans l'usage de l'autorité, mensonges et dissimulation dans les témoignages, provocations et humiliations...
Le droit d’asile en question
En 2018, la France a reçu 122.743 demandes d’asile. Elle l’a accordée à 24.663 candidats, soit une proportion d’une demande sur cinq. La gestion de ces sollicitations devrait faire une large place à la dimension humaine des situations présentées. On en est loin. Il suffit pour s’en convaincre d’évoquer le sort des 800 auxiliaires recrutés par l’armée française pour servir d’interprète, lors de ...
Dossier sur le Québec
D’un pays a l’autre... Le système juridique québécois puise ses sources dans les traditions à la fois anglo-saxonne et française.La première inspiration, d’origine  britannique se manifeste surtout par le régime dit accusatoire. C’est à la police et au ministère public d’apporter la preuve de l’infraction et de la culpabilité. Si celle ci n’est pas faite, le juge a alors pour seule alternative que...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org