Tout va bien !

Il est des jours où il ne vaut mieux pas se lever. Et si l’on se lève, il ne faut pas ouvrir son journal. Et si l’on ouvre son journal, on a intérêt à aller directement aux pages culture ou sport, selon ses préférences. Les avis de décès, c’est pas mal aussi pour se remonter le moral !

Ce matin-là, je n’ai pas suivi ces sages conseils. J’ai ouvert mon quotidien et je l’ai lu consciencieusement. « Faut-il pleurer, faut-il en rire ? » chantait Ferrat. Jouons-nous là cynique !

J’apprends, d’abord, que les dysfonctionnements graves concernant 120 des 690 services d’urgence, obligent certains d’entre eux à fermer leurs portes, la nuit. Plus de médecins ou d’infirmières ou bien des personnels éreintés, en arrêt de travail ou démissionnaires. Tout va bien ! Allez, encore un effort : avec 5 700 lits supprimés dans les services en 2021, on va enfin réussir à tuer l’hôpital. Voilà qui est fait.

Quelques pages plus loin et c’est cette mère d’un enfant de 10 ans souffrant d’autisme qui s’effondre : comme mille deux cents enfants avec handicap de son département, elle est sans solution ou sans solution à la hauteur des terribles problèmes qu’elle rencontre. Tout va très bien !  En remplaçant les IME par des plateformes de services qui ne suffiront jamais à répondre à la demande, on va enfin remettre les mères à leur place : au foyer, vous dis-je, à consacrer leur vie à s’occuper de leurs enfants handicapés. Et de deux 

Continuant ma progression dans le journal, je lis cet article sur cette maman érythréenne qui a passé un mois à la rue, avec son enfant de 5 ans jusqu’à ce qu’elle soit accueillie par une habitante. Tout va très, très bien ! Ben oui, mauvaise pioche, elle n’avait qu’à adopter la nationalité ukrainienne, cette maman, elle aurait été accueillie dignement. L’Erythrée, on sait même pas où c’est, c’est vous dire ! Et de trois !

Y a-t-il autre chose, aujourd’hui ? Bien sûr que oui. En 2021, il y avait 2 688 milliardaires dans le monde, soit 573 de plus qu’en 2020. Vous voyez bien qu’il y a des secteurs où cela fonctionne …

Nous vivons une époque vraiment formidable. Formidable ? Formidable chante Stromae … Forminable …

 

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ Site ■ 09/05/2022

A chacun de vos passages sur la page d'accueil, un choix aléatoire de textes archivés s’affiche :
Laacher Smaïn - Godart Elsa - Quête identitaire
dans Interviews
Smaïn Laacher Professeur de sociologie à l'université de Strasbourg et Président du Conseil scientifique de la délégation interministérielle de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine LGBT « Seul l’universalisme peut permettre l’expression des identités » Face aux débats qui se crispent et aux invectives qui invalident son contradicteur, Smaïn Laacher affirme avec fermeté ses convictions, ...
SPE et les avocats 1 - St Nazaire (44)
L’éducateur et l’avocat : Rencontre entre les éducateurs de la SPE et les avocats du barreau de St Nazaire Il arrive parfois qu’une collaboration semble difficile. Et puis il suffit d’essayer de se comprendre, pour rendre la démarche bien plus facile. Faire un pas l’un vers l’autre semble si simple... pourquoi ne pas le tenter. Ils se sont engagés et en sont fort satisfaits. Que se passe-t-il ...
Il y a loin de la coupe aux lèvres
La participation implique de s’engager, mais aussi d’en évaluer les effets induits. La sociologue américaine Sherry Arnstein a conçu en 1969 une échelle permettant de mesurer le degré d’association véritable des citoyens aux décisions. Le niveau le plus bas (n°1) relève d’une pure manipulation faisant croire qu’on écoute leurs avis, alors que ceux-ci n’auront aucune influence réelle sur les ...
Où finit le diagnostic et où commence le pronostic?
Il est essentiel de comprendre la situation de celui que l’on veut accompagner… à condition de ne pas l’enfermer dans ce que l’on croit comprendre de lui.  Le diagnostic social est au cœur de toute démarche professionnelle. Face à une problématique individuelle ou collective, d’abord viennent l’écoute et l’observation attentives ; puis l’identification tant des difficultés existantes, que des...
Instants d’éternité
Aucun projet pédagogique ne pourra jamais programmer l’intensité du partage du vivre ensemble. Empreintes d’utilité et de pédagogie, bien des actions professionnelles se veulent porteuses d’un objectif à atteindre, d’un projet à concrétiser, d’un progrès à mesurer. Il est pourtant des moments où il est difficile de fixer de telles ambitions, sans risquer de les plaquer d’une manière artificielle : ...
Embarquez-vous, avec Grand Largue
La navigation est un support fréquemment utilisé pour ses vertus éducatives et socialisatrices. A preuve, l’action menée chaque année, depuis plus de deux décennies,  par une association nantaise. Reportage. Ils sont arrivés mutiques pour les uns, bougons et le regard fuyant. D’autres se sont montrés plus bavards, voire vantards, du genre qui sait déjà tout. Et puis, en un week-end, les voilà...


Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

Retrouvez les sites

du Journal de l’animation : www.jdanimation.fr
et de mon collègue et ami Didier Dubasque : www.dubasque.org