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Le bilan de l’école inclusive est plutôt affligeant. Mais, peut-on vraiment être si surpris ? Séduits par les sirènes de la désinstitutionalisation, les têtes d’œuf du ministère de l’Education nationale ont voulu concrétiser cette idée innovante. Mais, ils l’ont fait à leur manière, en respectant trois règles :
1) appliquer la réforme dans la pure tradition pyramidale « top down », sans chercher à associer les équipes pédagogiques qui allaient devoir la réaliser sur le terrain
2) agir à moindre coût, en conformité avec le crédo de la réduction des dépenses sociales
3) préserver le dogme de l’école républicaine égale pour tous, quels que soient les besoins spécifiques de chacun.
Résultats : des élèves porteurs de handicap perdus au milieu de classes dont les programmes, le rythme de travail et les exigences pédagogiques restés inchangés ; leur pairs dopés à la performance et à la compétition ne comprenant pas ce que ces gogols viennent faire là ; des enseignants formatés à la seule recherche de l’excellence qui ne savent (ou ne veulent) pas ajuster leur approche didactique aux spécificités individuelles ; des parents leurrés par un rêve qu’un marketing offensif a laissé entrevoir et qui se transforme si souvent en désillusion. Pour que cela change, il faudrait bien plus de crédits permettant une formation qui, articulant apports théoriques et retours de pratiques, préparerait les meilleures conditions d’accueil des élèves différents. Il faudrait que l’école ne soit pas centrée vers la sélection des futures élites et la relégation des moins bien pourvus en capital social vers les formations, les qualifications et les emplois les moins valorisés. Il faudrait que le handicap ne soit plus perçu comme un manque, une déficience ou un déficit, mais comme une autre manière d’être au monde. Il faudrait un apprentissage adapté à chaque élève… En fait, il faudrait que l’école ne soit plus ce qu’elle est. C’est bien mal parti ! Bonne rentrée des classes, quand même …

 

Jacques TrémintinLIEN SOCIAL ■ n°1322 ■ 06/09/2022

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Mes livres

En mars 2023, j’ai publié aux éditions érès « Fragments de vie d’un référent ASE ». J’y décrivais, à travers 157 vignettes, le quotidien d’un professionnel de cette administration en charge dans notre pays de la protection de l’enfance 




En septembre 2024, j’ai publié aux éditions EHESP « 100 idées reçues sur l’Aide sociale à l’enfance ». Je tentais de répondre à des idées reçues, des préjugés et des contre-vérités ambiantes portant sur cette administration



En décembre 2025, je publie chez Chronique sociale « 50 nuances d’enfants en danger ». Je me lance dans de pures fictions, inspirées par ma pratique professionnelle, dans lesquelles je décris des idéal-types des situations les plus fréquentes rencontrées en protection de l’enfance. Je mets en scène un(e) mineur(e) ou jeune accompagné(e) est son accompagnateur ou accompagnatrice, chacun(e) décrivant de sa place la situation vécue. Il s’agit bien de propos imaginés, ils sont réalistes avec des personnages inventés mais crédibles.


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« Bienvenue sur le site de Jacques Trémintin, travailleur social qui n’a cessé d’écrire. Référent à l’aide sociale à l’enfance de 1992 à 2020, partie prenante de Lien Social de 1995 à 2023, contributeur au Journal du droit des jeunes de 1995 à 2017, pigiste dans le Journal de l’animation depuis 1999… l’accompagnement des enfants et familles, le maniement de la plume ou du clavier, l’animation de colloques ou de formations répondent au même plaisir de transmettre. Ce que fait aussi ce site, dont le contenu est à libre disposition à une seule condition : savoir garder son esprit critique et ne rien considérer d'emblée comme vrai ! »

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