Les publications en sciences humaines sont nombreuses et d’une richesse impressionnante.La lecture de centaines d’ouvrages a constitué, à chaque fois, un moment de plaisir et de grande satisfaction intellectuelle. J'espère que l’internaute trouve dans ces critiques l’envie de se plonger, à son tour, dans ces livres

Les ancêtres ne prennent pas l’avion

RUFFEL Pascale, Ed. Jeca Seria, 2017, 123 p.

Pour accompagner les réfugiés, il faut renoncer à ces idées reçues, à ces poncifs pseudo-culturels et à ces représentations psychologisantes si souvent plaqués sur ces populations. C’est cette expérience que nous livre ici Pascale Ruffel, psychologue au Centre nantais d’hébergement des réfugiés, dans un écrit emprunt de retenue et d’humilité. S’exiler, rappelle l’auteur, confronte à un bain de sons et de langue qui vous enveloppe de son étrangeté. « La dépossession de la langue, c’est se retrouver

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La fin de l’hospitalité. Lampedusa, Lesbos, Calais. Jusqu’où irons-nous?

LEBLANC Guillaume et BURGÈRE Fabienne, Ed. Flammarion,  2017, 239 p.

L’antique valeur de l’hospitalité est née d’une impulsion vers l’autre, d’un désir de secourir celui qui est en péril, du choix de se laisser affecter par la menace pesant sur sa vie, de la conviction que tout existence est digne d’attention et de considération. Emmanuel Kant proclamait que la terre n’appartenant juridiquement à aucune nation, ni à aucun individu, personne n’a « originairement plus de droit q’un autre à un endroit de la terre ». Mais, avec la modernité, les

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Exposés aux violences conjugales, les enfants de l’oubli

ZAOUCHE-GAUDRON Chantal, FLORES Jean-Jacques, JASPART Coline, PAUL Olivia, SAVARD Nathalie, Ed. érès, 2016, 130 p.

Tous les enfants ont besoin, pour bien grandir, d’un espace aimant et sécurisant leur garantissant des repères stables. Ce n’est pas exactement ce qui se passe dans les familles confrontées aux violences conjugales. Il n’est pas nécessaire qu’ils soient exposés directement à la vue des coups pour vivre une situation traumatisante. Entendre des mots prononcés, percevoir leur intensité, leur violence, les cris, les bruits

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Sortir de la maltraitance. Violences conjugales: résister c’est comprendre, c’est agir

LOMBARDI Edith, Ed. L’Harmattan, 2016, 211 p.

Aussi loin que la mémoire humaine remonte, les femmes ont toujours été assujetties et considérées comme un bien précieux en tant que reproductrices de l’espèce. Loin de changer la donne, le premier Code civil à avoir été édicté, celui de Napoléon (1805), les prive de tout droit juridique, les rabaissant au niveau des mineurs, des criminels et des débiles mentaux. C’est très progressivement qu’elles vont conquérir leurs droits : disposer de leur salaire (1907), passer contrat et s’inscrire à

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Sentiment amoureux et conjugalité violente. Du meilleur au pire

CONDOMINAS Cécile, Ed. L’Harmattan, 2016, 189 p.

Deux lectures opposées cherchent à interpréter les ressorts de la passivité de certaines femmes face aux violences conjugales. La première privilégie une emprise de l’agresseur prenant la forme de l’effraction (invasion du territoire de sa proie), de la captation (son isolement) et de la programmation (son dressage). La seconde lecture accuse la femme de complicité active (provocation et incitation) ou passive (intériorisation de la domination patriarcale). Cécile Condominas propose une piste

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La paix des ménages. Histoire des violences conjugales XIX au XXI siècle

VANNEAU Victoria, Ed. Anomosa, 2016, 363 p.

La puissance maritale s’imposant aux femmes comme aux enfants a longtemps été la norme incontestée. Proverbes, brocards, pièces de théâtre, chansons sont nombreux qui contribuent alors à pérenniser l’idée d’un droit de correction du mari sur son épouse, fondé sur la nature des choses. La tradition s’effrite toutefois à la révolution. Même si l’article 213 du Code civil édicté en 1804 valide la dépendance de la femme à l’autorité domestique du mari (aboli seulement entre les deux guerres) et même si

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Punir. Une passion contemporaine

FASSIN Didier, Ed. Seuil, 2017, 203 p.

L’inflation s’est emparée d’une France qui a vu, en plus de 60 ans, sa démographie carcérale se multiplier par 3,5. Plusieurs explications sont possibles : une sensibilité plus forte aux illégalismes avec un seuil de tolérance plus bas, mais aussi un renforcement du discours politique sécuritaire permettant de dissimuler les faibles performances en matière d’égalité sociale. Résultat : on enferme plus souvent, plus longtemps pour les mêmes infractions. S’il est vrai que toutes les sociétés ont toujours

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De la police en démocratie

ROCHÉ Sebastian, Ed. Grasset, 2016, 376 p.

Si l’on en croit les autorités politiques et administratives ou les syndicats de policiers : tout va bien. Les forces de l’ordre de notre pays sont exemplaires, n’ont pas à se remettre en cause, la population devant leur faire aveuglément confiance. Quand un sociologue y regarde de plus près, la réalité est bien moins optimiste. C’est ce que fait Sebastian Roché avec rigueur et méthode. Les nombreuses études nationales et comparatives internationales placent nos policiers et nos gendarmes à une bien

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Dans la peau d’un maton

FRAYER Arthur, Ed. J’ai lu, 2012, 384 p.

Comment un journaliste peut-il réussir à écrire un livre sur le milieu carcéral, en dépassant la censure de l’administration pénitentiaire ? S’il se contente de déposer une demande officielle pour y entrer, son ambition risque d’être refroidie. Par contre, s’il s’inscrit au concours de surveillant, s’il suit la formation à sa nouvelle fonction et  s’il entre en détention sous l’uniforme, ce sera bien plus aisé. C’est cette folle immersion que nous propose Arthur Frayer qui nous entraîne derrière les

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L’ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché

LEMOINE Benjamin, Ed. La Découverte, 2016, 304 p.

Le dernier budget présenté en équilibre par le gouvernement français remonte à 1974. Depuis, la dette publique n’a cessé de s’aggraver, atteignant 65 % du PIB en 2007, et frôlant les 100 % en 2015. La zone euro est à l’unisson, avec un taux moyen de 92 %. Benjamin Lemoine décrit les mécanismes qui ont conduit à ce résultat. Il rappelle opportunément le rôle central de l’État planificateur d’après guerre qui était non seulement un collecteur de fonds, mais aussi l’investisseur et le banquier

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