Scolarité
80% du bac… et après ? Les enfants de la démocratisation scolaire
Stéphane BEAUD, La Découverte, 2002, 303 p.
Stéphane Beaud met en vie des personnages à la fois passionnants et attachants qui seraient dignes d’un roman, s’il ne s’agissait d’une étude sociologique des plus méthodique.
L’auteur nous livre le résultat de dix années d’étude sur le terrain qu’on aura du mal à lâcher, la dernière page tournée. Cela commence au début de la décennie 90, alors que se joue à plein le compromis historique entre un pouvoir politique désireux de lutter à court terme contre le chômage et d’élever à moyen terme le
Quand l’école se mobilise
Agnès VAN ZANTEN, Marie-France GROSPIRON, Martine KHERROUBI, André D. ROBERT, édition La Dispute, 2002, 270 p.
Longtemps, l’école primaire a été tournée vers l’enseignement du peuple (apprentissage des savoirs de base et intégration à la République) et le secondaire vers l’intellectualisme de l’élite. Parmi les profondes mutations qui ont marqué l’Education nationale au cours des trente dernières années, la massification de la fréquentation, qui se voulait porteuse de démocratisation, a eu comme effets pervers de mettre en évidence l’échec
L’école des riches, l’école des pauvres. Les zep contre la démocratie
Nestor ROMERO, Syros, 2001, 180 p.
En créant, au début des années 80, les zones d’éducation prioritaires, l’Education nationale a inauguré une politique de discrimination positive : la mise à disposition de plus de moyens et de classes moins chargées visaient alors à lutter contre les inégalités. Vingt ans après, on ne peut que constater l’échec de cette politique. Dans les générations nées entre 1974 et 1977, 91% des enfants de cadres sont bacheliers contre 45% des enfants d’ouvriers. Les premiers ont douze fois plus de chance d’obtenir un
Mémoire de maîtres, paroles d’élèves
Sous la direction de Jean-Pierre GUENO, Librio, 2001, 159 p.
S’il est quelque chose de commun entre le système éducatif d’hier et celui d’aujourd’hui, c’est bien qu’il reste le tout premier lieu de socialisation, d’apprentissage du groupe et de la vie en société. A ce titre, il fonctionne comme un reflet d’un monde qui comporte son côté miel et son côté vinaigre. A preuve ces lettres adressées à France Inter et qui ont été regroupées dans un petit livre d’une grande qualité d’écriture toujours et d’une intense émotion parfois. Il y a les
Mon enfant est-il précoce? Comment l’aider et l’intégrer en famille et à l’école
Jean-Marc LOUIS, Inter Editions, 2002, 152 p.
L’enfant est très actif, largement ouvert aux stimulations et explore avec une certaine avidité son environnement. Il est en avance dans la maîtrise du langage et déstabilise l’adulte par la pertinence de ses réponses. Pourtant, il manque de confiance en lui, vit en décalage avec les enfants de son âge qu’il ne fréquente pas et rencontre des difficultés à l’école. Là, il n’écoute pas et semble s’ennuyer, il se précipite sur la tâche mais ne la termine pas toujours. Ce que l’on pourrait considérer
L’école au piquet
Laurent OTT, Albin Michel, 2001, 205 p.
Serait-ce là les mauvaises pensées d’un éducateur devenu instituteur ? Cela y ressemble bigrement. Voilà une approche insolente et revigorante qui mérite le détour. Loin de moi tout corporatisme qui me ferait me réjouir de l’incendie qui ravage la maison d’à côté. Mais on ne peut que boire les remarques qui s’égrènent ici, tant elles raisonnent avec notre expérience de parent ou de professionnel. Enseigner aux élèves peut-il se concevoir sérieusement si cela se limite à le faire pour eux et non pas avec
L’école et les parents, la grande explication
Sous la direction de Philippe MEIRIEU, Plon, 2000, 260p.
Ouvrage collectif regroupant une quinzaine de contributions, cette lecture vaut le détour d’abord et surtout pour l’analyse de Philippe Meirieu qui propose une approche passionnante et d’une grande pertinence. Il explique ce qui semble être au coeur de la question : le cadre scolaire peut être imposé et contrôlé, l’apprentissage, lui, reste un acte libre que pose un sujet qui décide d’apprendre ou de ne pas apprendre : « sans le désir d’apprendre, enseigner est une entreprise vaine »
Face aux incivilités scolaires. Quelles alternatives au tout sécuritaire?
Gilbert LONGHI, Didier MAZOYER, Maryse VAILLANT, Marie-Dominique VERGEZ, Syros, 2001, 200 p.
Les violences scolaires défrayent la chronique depuis un certain nombre de mois. Comment aborder cette question sans tomber dans le sensationnalisme médiatique ou la banalisation ? La réponse à cette question se compose ici à quatre voix : celle respectivement d’un proviseur de lycée, d’un commissaire de police, d’une psychologue clinicienne et d’une juge des enfants. Le premier registre que l’on retrouve tout au long des pages, c’est la dénonciation
Fernand Oury : y a-t-il une autre loi dans la classe?
Présenté par Philippe MEIRIEU, éditions PEMF, 2001, 48 p.
Quand Fernand Oury, rencontre en 1949 Célestin Freinet, son métier d’instituteur va s’en trouver transformé. Il met en oeuvre les techniques du célèbre pédagogue et les enrichit à partir de sa propre expérience. Plusieurs soucis caractérisent sa pratique. Il cherche tout d’abord à répondre à la violence dont la classe est -comme le reste de la société- le théâtre. Un groupe d’enfants ou d’adolescents n’accède pas une socialité respectueuse des autres simplement parce qu’un adulte le